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La Région Bretagne mise sur le transport maritime à propulsion par le vent. Elle a réuni, mercredi 10 novembre, à Lorient, de nombreux acteurs dans le but de soutenir ce « marché prometteur », selon le président dxu Conseil régional Loïg Chesnais-Girard, et de lancer officiellement cette nouvelle filière. Après une plénière, un atelier « d’intelligence collective » réunissant une trentaine d’entreprises déjà actives sur ce marché devait permettre de « poser les bases de la construction de la feuille de route régionale pour la filière propulsion par le vent, à échéance du 1er semestre 2022 », indique la Région.

La démarche s’appuie sur une étude de Bretagne développement innovation (BDI, lire à ce sujet notre interview de Carole Bourlon) présentée pendant la plénière. Elle a permis de dénombrer 156 entreprises, issues principalement des secteurs du naval, du nautisme ou de la voile de compétition, s’intéressant à ce nouveau marché. Cette filière émergente pèserait déjà 28 millions de chiffre d’affaires concernant directement 155 emplois.

La Région entend capitaliser sur les années d’expérience de la course au large et son tissu d’entreprises localisées principalement dans le sud de la Bretagne. « La course au large emmène beaucoup d’innovations technologiques que nous avons le plaisir d’avoir en Bretagne, sur les matériaux, l’analyse des contraintes, l’alimentation en mer, la géolocalisation spatiale, la météorologie et tout ce qui s’en suit. On savait que ces technos pouvaient essaimer dans le reste du monde civil, un peu comme le spatial essaime dans d’autres domaines économiques. On voit que les voiles pour la marine marchande ou pour le déplacement de passagers s’inspirent en partie de la course au large. Donc on a déjà investi depuis plusieurs années », a expliqué Loïg Chesnais-Girard.

Toutefois, la Région ne veut pas manquer le passage à ces nouveaux marchés et souhaite attirer les nouveaux venus. « Dans chaque grande rupture technologique, dans chaque développement de nouvelle filière, les premières années sont hyper structurantes parce que les entreprises se cristallisent à un endroit », a fait remarquer le président du conseil régional. Relevant qu’après « des années d’innovation », les entreprises commencent à livrer leurs premiers produits, il a souligné « l’urgence » à ce que « les collectivités, et la Bretagne particulièrement, soient au rendez-vous des attentes de ces entreprises pour qu’elles puissent se développer chez nous ». Pour accélérer le développement de la filière, la Région veut réfléchir au coup d’après, en continuant à soutenir l’innovation, mais aussi en aidant au dérisquage des projets, réfléchissant aux capacités d’accueil pour les entreprises, formant les compétences locales et en aménageant des bords à quai dans les ports.

Alors que les Pays de la Loire accueillent également plusieurs entreprises du secteur, Loïg Chesnais-Girard croit à des synergies sur l’arc Atlantique. Vu de Bruxelles ou d’autres continents, « on est sur le même territoire », plaide-t-il. « Mes concurrents sont plus l’Europe du Nord qui sont meilleurs que nous dans certains domaines ou le Japon qui a des ambitions très fortes dans la transition bas carbone, ainsi que l’Allemagne ».

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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