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Livrée au GIE Dragages-Ports en mai 1984 par les Ateliers Français de l’Ouest à Grand Quevilly et louée au Port Autonome du Havre, la drague aspiratrice en marche ouvrante La Hève a pris ses fonctions quelques semaines plus tard. Cet engin de dragage d’un port en lourd de 1750 tonnes est conçu pour travailler dans le grand port qui avait besoin de maintenir un niveau d’eau constant pour accueillir les grands vraquiers venant livrer du charbon au quai de la centrale EDF, les pétroliers accostant aux appontements de la CIM, les porte-conteneurs de plus en plus gros, mais aussi en amont de l’écluse François 1er près des terminaux de Bougainville ou de l’Europe ou tout au long du Grand Canal. Positionnée sur tribord, son élinde de dragage de 550 mm de diamètre équipée d’une pompe à déblais électrique immergée de 500 kW peut opérer jusqu’à une profondeur de 20 mètres. Le vidage de son puits à déblais s’effectue par l’ouverture des deux demi-coques au moyen de deux vérins hydrauliques positionnés à chaque extrémité.

 

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© PASCAL BREDEL

La Hève en opérations dans l’avant port du Havre en mai 2009 (© PASCAL BREDEL)

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© PASCAL BREDEL

La Hève en opérations dans l’avant port du Havre en mai 2009 (© PASCAL BREDEL)

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© PASCAL BREDEL

La Hève avec ses deux demi-coques ouvertes (© PASCAL BREDEL)

 

D’une longueur de 71 mètres pour une largeur de 12,80 et un tirant d’eau maximal de 4,30 mètres, La Hève est motorisée par deux diesels quatre temps Crepelle de six cylindres placés dans chacune des demi-coques lui donnant une puissance de 2178 kW (3960 ch); sa vitesse était de 11,5 nœuds. Sur l’avant, un propulseur d’étrave de type Schottel de 220 kW à hélice en position horizontale lui permettait de manœuvrer aisément dans les bassins au plus près des quais ou appontements.

Mais en janvier 2010 et après avoir parfaitement assuré ses fonctions pendant 25 ans, le GIE Dragages-Ports n’a plus l’utilité de cette drague devenue trop petite et la vend à la société brésilienne Bandeirantes Dragagem Construcao de Rio de Janeiro qui la renomme La Belle sous le pavillon de Saint Vincent & Grenadines. Le 10 mars 2010, la drague quitte Le Havre en mettant le cap sur Rio avec un équipage de 16 hommes. Sous le pavillon tricolore ce dernier se composait de dix marins.

 

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© PASCAL BREDEL

Le 10 mars 2010, La Belle franchit l’écluse François 1er, traverse le port et quitte Le Havre pour la direction du continent sud-américain (© PASCAL BREDEL)

 

Lorsqu’elle arrive dans le principal port brésilien, elle est légèrement réaménagée avant d’entrer en exploitation dans le port voisin de Santos. Mais, depuis le début de l’année 2013 et un voyage affiché en direction de Natal, plus aucune information n’est donnée sur ses dernières positions et nul n’est en mesure de dire si l’ancienne drague havraise est toujours en service.   

Un article de Marc Ottini illustré de photos de Pascal Bredel     

 

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Le 10 mars 2010, La Belle franchit l’écluse François 1er, traverse le port et quitte Le Havre pour la direction du continent sud-américain (© PASCAL BREDEL)

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