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En 1986, le chantier de Normandie lançait sur son site de Grand Quevilly une drague aspiratrice en marche ouvrante de 1584 Tpl pour le Gie Dragages Ports. Surtout destinée à travailler dans les ports de la Côte d’Opale, elle avait été tout simplement baptisée Opale. Polyvalente car disposant d’une élingue à tribord puis d’une grue équipée d’un godet sur son avant pour effectuer ses opérations de dragage au plus près des quais, l’Opale avait alors un puits de 1000 m3.

 

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© MARC OTTINI

L’Opale dans sa version initiale photographiée à Boulogne sur Mer en 1990 

 

En 2004, elle fut vendue à l’armement néerlandais Group De Cloedt – DC Dredging BV basé à Breskens qui la conduisait dans un chantier naval de Sliedrecht afin de la transformer. Au bout de quelques mois, elle en ressortait méconnaissable. L’imposante grue avait été débarquée, la trémie séparatrice avait été supprimée et l’élingue d’origine avait été remplacée par une nouvelle, plus longue afin de pour pouvoir travailler dans des fonds allant jusqu’à 35 mètres (18 à l’origine) et d’un diamètre de 55 centimètres. Sur l’avant des superstructures prévues pour loger onze personnes, une pelleteuse fut embarquée et fixée sur un système de rail translatant au dessus de la cale. Mais surtout, elle était allongée de 12,35 mètres et modifiée de façon à ne plus pouvoir se fendre en deux pour vider ses boues au large. Par cette même occasion et plutôt que de souder les deux coques ensemble, le chantier en a profité pour insérer entre celles-ci un tronçon longitudinal d’une largeur de 2 mètres. Il faut dire que sa nouvelle affectation ne demandait plus ce système puisque elle allait devenir une drague – aussi appelé sablier dans le jargon maritime – prélevant des granulats marins en Mer du Nord depuis la bande côtière jusqu’à quinze milles nautiques au large. Une fois de retour à quai, c’est par un transbordeur-convoyeur pivotant nouvellement installé et alimenté par la pelleteuse que le sable est débarqué à la cadence de 1500 t/heure. Renommée Rio, elle travaille souvent devant l’embouchure de l’Elbe ou devant l’estuaire de l’Escaut puis débarque ses cargaisons à Flessingue, Breskens ou Terneuzen.   

 

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© MARC OTTINI

La Rio – après jumboisation - effectuant une remontée de l’Elbe vers Brake le 1er juin 2010. A noter les anciennes couleurs de DC Dredging apposé sur les cheminées.

 

Aujourd’hui longue de 82,35 mètres (70 à l’origine) et large de 16,30 (14,30 à l’origine) pour un port en lourd de 2756 tonnes et un puits de 2430 m3, la Rio est propulsée à 10,8 nœuds par une propulsion diesel-électrique se composant de 4 diesel-alternateur Baudouin 12M26 développant chacun 771 Kva. Cette puissance alimente ensuite deux Aquamaster azimutaux de 750 Kw ainsi qu’un propulseur d’étrave Schottel de 250 kw.               

Texte et photos : Marc OTTINI

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