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Quelques 34.85 millions de tonnes de marchandises ont été transportées en 2021 sur la Route maritime du Nord (Northern sea route, ou passage du Nord-Est), a annoncé le 12 janvier Rosatom, qui contrôle la navigation sur ce passage au nord de la Sibérie et en gère les infrastructures. C’est 2 millions de tonnes de plus qu’en 2020 (32.97 millions de tonnes), malgré les glaces qui ont perturbé le trafic précocement en fin d’année.

Evidemment, on est très loin du trafic du canal Suez (1.27 milliard de tonnes, soit 36 fois plus) que la Russie ambitionne de concurrencer en profitant notamment du réchauffement climatique et du recul de la banquise. Néanmoins, le trafic y augmente d’année en année, soutenu par l’activité des grands projets gaziers. En 2016, le volume de marchandises transportées n’était que de 7.47 millions de tonnes. Moscou ambitionne d’atteindre 80 millions de tonnes de marchandises en 2024 et 110 millions de tonnes d’ici 2030. La Russie espère que la route sera alors praticable toute l’année. Pour cela, Rosatom fait construire une flotte de nouveaux brise-glaces à propulsion nucléaire.

 

273363 Sibir
© ROSATOM

Le SIbir (© ROSATOM)

 

La société d’Etat a d’ailleurs annoncé que le Sibir, son deuxième brise-glace nucléaire issu du Projet 22220 (classe LK-60Ya), construit par les chantiers de la Baltique, avait quitté Saint-Pétersbourg pour rejoindre son port d’attache : Mourmansk. Il doit réaliser dans les jours à venir son premier voyage de travail dans la partie occidentale de l’Arctique russe, plus aisément praticable, vers la mer de Kara et l’embouchure de l’Ienisseï, ainsi que le golfe d’Ob, pour lequel ces brise-glaces ont été conçus, avec la possibilité de modifier leur tirant d’eau (10.5 mètres ou 8.65 mètres). Quant au premier de la série, l’Arktika, il a récemment parcouru la partie orientale de la NSR pour la première fois. Encore trois autres unités de cette série de navires de 173 mètres de long, pour 34 mètres de large, capables de franchir des glaces de 2.9 mètres, sont attendus. Il s’agit de l’Ural (livrable fin 2022), puis le Yakoutie (2024) et le Chukotka (2026, dont la pose de la quille a eu lieu il y a un an). Un autre brise-glace nucléaire de type Leader, surclassant cette série, a également été commandé en 2020 aux chantiez Svezda, installés dans la ville de Bolchoï Kamen dans l’Extrême-Orient russe, pour une mise en service prévue en 2027.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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