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« La première exigence, c’était de sauver la SNCM ». Dans une interview accordée au quotidien Les Echos, le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, veut rassurer sur l’avenir de la compagnie. L’ambiance est toujours fébrile à Marseille, quelques jours après l’annonce du plan de sauvetage de la compagnie : 515 postes supprimés d’ici à 2018, réduction de la flotte à 8 navires dès l’an prochain mais également une modification de l’actionnariat : Veolia Environnement devrait, à compter du 30 juin, posséder 66% du capital (la Caisse des Dépôts et Consignations se retirant de la société commune Transdev) aux côtés des 25% de l’Etat et des 9% des actionnaires salariés.
 
 
Inquiétudes des élus locaux
 
 
Dès l’annonce des modalités du plan de sauvetage, les élus UMP marseillais ont fait part de leurs inquiétudes. Roland Blum, premier adjoint à la mairie en charge du développement économique, ne mâche pas ses mots en parlant d’un plan « pouvant conduire rapidement au naufrage de l’entreprise si cette décision n’est pas accompagnée d’un plan de redressement sérieux ». « «S’il est certes prévu quatre nouveaux navires, aucune information n’a été donnée sur leur mode de financement. L’Etat reste discret sur le financement du volet social et ne semble pas disposé à faire d’efforts sur le service public de continuité territoriale, alors qu’il en est le seul financeur. Et surtout le gouvernement reste muet sur l’actionnariat de l’entreprise et le nécessaire maintien de la Caisse des Dépôts dans le capital de la SNCM, seul élément de nature à crédibiliser dans tout plan de redressement de l’entreprise, son engagement. Afin de clarifier la situation, l’Etat devra lever toutes ces incertitudes et assumer une bonne fois pour toutes ses responsabilités ».
 
 
Le renouvellement de la flotte est acquis
 
 
C’est donc bien à ces dernières interrogations que le ministre a voulu répondre en engageant fortement l’Etat. Et en prenant soin de rappeler son implication dans le dossier : « Lorsque j’ai pris ce ministère en responsabilité il y a un an, j’ai dû assumer la disparition de SeaFrance, puis m’atteler à la mission de sauvetage de la SNCM, là où d’autres anticipaient sa disparition. Je ne me suis pas exprimé sur le dossier, j’ai beaucoup consulté dans la discrétion, le gouvernement a désigné Jean-Marc Lacave (ancien directeur du port du Havre, ndlr) comme coordonnateur de ce dossier. Mon exigence pour la Corse, pour Marseille, pour le Grand Port est d’assurer un plan stratégique industriel. Il s’agit d’adapter cette compagnie qui bat pavillon français à l’évolution du périmètre de la délégation de service public pour la desserte maritime de la Corse et aux marchés potentiels à développer ». Frédéric Cuvillier rappelle également que le renouvellement de la flotte « est acquis », et que la question sociale est réglée : « je rappelle qu’il n’y aura aucun licenciement ».
Le préavis de grève, déposé par la CGT à la veille du conseil de surveillance de la SNCM, n’a pas été levé. Annoncé pour les 27 et 28 juin prochain, le mouvement social pourrait avoir d’importantes conséquences sur le départ du Tour de France, qui doit se dérouler en Corse.
 

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