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Les navires de la SNCM ont pu naviguer normalement, hier, la CGT ayant décidé de lever le préavis de grève qu’elle avait déposé. Le syndicat a pris sa décision dans la nuit de mercredi à jeudi, après avoir reçu des réponses à ses questions de la part des actionnaires de la compagnie et du ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, dont le cabinet a adressé à la CGT un ultime courrier à 00h20. Il s’agissait d’éviter l’image catastrophique d’un blocage des navires juste avant le départ du Tour de France, dont les trois premières étapes se déroulent cette année en Corse (à partir de demain).

La CGT a notamment reçu l’assurance du soutien et de l’implication de l’Etat face aux procédures européennes engagées contre la SNCM. Concernant le financement du plan industriel approuvé par le Conseil de surveillance du 20 juin, qui comprend la commande de nouveaux navires, le ministère a indiqué que les actionnaires « travaillent actuellement à la définition des modalités de financement les plus adaptées » et donné rendez-vous aux syndicats mi-juillet pour faire un point d’étape.

 

 

Le transfert des parts de Transdev à Veolia Environnement retardé

 

 

Par ailleurs, au sujet du transfert des 66% de Transdev (société commune de Veolia et la Caisse des Dépôts et Consignations, actionnaire principal de la SNCM) à Veolia Environnement, il ne pourra intervenir comme prévu le 30 juin, le Comité d’entreprise de la SNCM, réuni lundi dernier, n’ayant pas rendu d’avis sur l’opération. Le CE a justifié sa position par les incertitudes pesant sur la mise en œuvre du plan industriel, qui dépend bien évidemment de l’attribution à la SNCM et la Compagnie Méridionale de Navigation de la nouvelle délégation de service public (DSP) pour la desserte des ports corses depuis Marseille. Le président de Transdev, dans un courrier adressé à la direction de la SNCM, estime toutefois que la position du Comité d’entreprise « ne remet pas en cause la volonté de nos actionnaires de mettre en œuvre ce transfert dans l’intérêt de la SNCM, qui doit être sécurisée, comme de Transdev ». Jean-Marc Janaillac a, néanmoins, indiqué que le CE ne sera de nouveau sollicité sur la question que lorsque la compagnie et ses actionnaires auront « une meilleure visibilité sur l’attribution de la future DSP ».

 

 

Négociation directe avec la Collectivité corse

 

 

Pour mémoire, l’appel d’offres lancé par la Collectivité Territoriale de Corse a été déclaré infructueux au début du mois, la proposition du tandem SNCM/CMN dépassant de quelques millions d’euros le plafond fixé par l’Office des Transports Corses. Une « négociation  directe » entre la SNCM et la CTC est évoquée par Frédéric Cuvillier dans son courrier envoyé le 25 juin aux responsables syndicaux de la compagnie. Malgré tous les enjeux politiques et sociaux, reste cependant les aspects légaux, à savoir comment la Collectivité corse va justifier la mise hors jeu de l’autre candidat à la DSP, Corsica Ferries. En effet, dans le cadre d’un tel appel d’offres pour un marché public, un dossier ne peut à priori être écarté au seul motif qu’il ne couvre pas l’ensemble du périmètre mais seulement une partie, sur laquelle il est mieux disant. Corsica Ferries, qui n’a pas assez de navires pour assurer les 5 lignes de la DSP (la loi impose que l’opérateur exploite déjà la flotte nécessaire), dénonce l’indivisibilité du marché qu’elle juge, de fait, comme une façon déguisée d’imposer le choix de la SNCM et de la CMN. La justice lui avait d’ailleurs donné raison en 2007. 

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