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Encore une situation particulièrement inconfortable pour la SNCM. Son actionnaire principal, Transdev (co-détenu par Veolia et la Caisse des Dépôts), qui possède 66% du capital, a demandé, la semaine dernière, son dépôt de bilan. Une voie immédiatement rejetée par Marc Dufour, le président du directoire de l’armement. Qui s’en est expliqué dans les colonnes du quotidien La Provence en précisant que « cette solution arrangerait tout le monde car il n’y aurait plus rien à payer. Mais il y a les salariés, les familles, nos sous-traitants qui nous appuient. Je suis convaincu que la SNCM a un avenir. A condition d’évoluer ».
Un avenir pour le moins incertain. Depuis que la Commission européenne a ordonné le recouvrement par l’Etat  de 440 millions d’euros jugés indûment perçus par la SNCM, la compagnie, déjà en très grande difficulté financière, est suspendue à la volonté de ses actionnaires. Ceux-ci (Transdev, l’Etat pour 25% et les salariés pour 9%) se sont réunis lors d'un comité de pilotage pour tenter de trouver une issue avant la fin de l’année. Plusieurs scénarios sont envisageables : une recapitalisation massive pour éponger l’énorme dette, une liquidation et une reprise. La recapitalisation par les actionnaires actuels semble compliquée : l’Etat ne peut verser ce qui pourrait risquer d’être considéré comme des aides d’Etat par Bruxelles et Veolia cherche à se désengager. Reste la liquidation et/ou  la reprise. 
 
 
Deux candidats à la reprise
 
 
Marc Dufour a lui-même confirmé les bruits de coursive qui évoquaient deux candidats à la reprise : « un Français et un étranger ». Le nom de La Méridionale, filiale du groupe STEF et partenaire historique de la SNCM sur la desserte de la Corse, circule beaucoup sans avoir été confirmé. Le scénario évoqué, dans cette hypothèse, serait une reprise des quatre navires nécessaires à l’exécution de la délégation de service public que les deux armements ont remporté en septembre dernier. Ce qui se traduirait par une importante baisse de l’effectif. 
Du côté de la CGT, on a annoncé un mouvement de grève reconductible à partir du 1er janvier. Une très longue liste de revendications a été adressée par le syndicat pour expliquer ce mouvement : ceux-ci vont de la stabilisation de l’actionnariat de la SNCM à la sécurisation des obligations de service public ou encore la mise en œuvre d’un décret pour l’application de la loi sur le cabotage… 
En attendant, une nouvelle réunion est prévue entre Transdev et Marc Dufour mercredi. Celle-ci devrait porter sur le versement d’une somme de 13 millions d’euros. Sans laquelle la SNCM déposera le bilan.
 

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