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De nombreux marins français, au commerce et à la pêche, travaillent sur des navires basés en Afrique de l’Ouest. Depuis le début de la pandémie, leur situation a suscité de nombreuses inquiétudes, à nouveau relayées par l’intersyndicale des marins dans un courrier au ministère et à la direction des Affaires maritimes.

« Il semble que les tensions anti Européens soient de plus en plus exacerbées et beaucoup de marins veulent rentrer en métropole car craignant pour leur vie. Au-delà des moyens médicaux locaux pour le traitement du Covid-19 (déjà des cas identifiés de marins) qui sont loin du standard européen, les témoignages inquiétants qui nous sont remontés par nos délégués d’entreprise nous interpellent au plus haut point », écrivent les représentants du personnel.

Les armements ont pour la plupart pris des mesures de suspension de relèves et Bourbon, interrogé par Mer et Marine il y a quelques jours, indiquait qu’il était parvenu à rapatrier des marins au cas par cas. Mais globalement, la fermeture des frontières et la très forte réduction du trafic aérien rend les choses extrêmement compliquées. Certaines entreprises étudieraient la possibilité d’utiliser des avions privés. Ce qui n’est pas forcément une solution praticable dans tous les pays de la région.

Les syndicats estiment qu’il est désormais « indispensable de geler momentanément toutes les relèves et d’organiser le rapatriement massif des marins pour éviter certaines catastrophe annoncées ». Face à la fermeture des aéroports africains, les représentants syndicaux demandent l’ouverture d’un corridor depuis les îles Canaries voisines, qui seraient une porte d’entrée dans l’espace Shengen au sein duquel la règlementation européenne organise la libre-circulation des travailleurs et, en ce moment, l’obligation de laisser passer les marins. « Nous attendons un repositionnement vers les Canaries, pour l’organisation de relèves groupées voire arrêt d’exploitation si les conditions d’armement et de sécurité n’étaient plus réunies ».

La question devrait être abordée lors de la réunion se tenant demain entre les partenaires sociaux, le ministère et les Affaires maritimes.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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