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Depuis sa mise en service il y a 30 ans, le Bon Secours VII de l’armement Thomas Services Maritimes était basé à Rouen et assurait le remorquage des navires fréquentant les terminaux du port normand. A partir du 1er avril, il débutera une nouvelle activité en servant de « Guard Vessel » pendant la construction du champ éolien offshore de Saint-Brieuc. Cela, dans le cadre d’un contrat de trois ans récemment signé avec Ailes Marines, filiale du groupe espagnol Iberdrola en charge du développement du futur parc. A partir de Saint-Malo, le navire, toujours armé sous pavillon français, assurera la surveillance de la zone afin notamment de veiller à ce que des bateaux extérieurs n’y pénètrent pas. Il sera également en mesure de mener en cas de besoin des opérations d’assistance et de sauvetage.

Passer d’un emploi fluvial à un travail maritime

Un changement de mission qui a nécessité un important chantier de transformation, réalisé à Dieppe où le navire a été mis au sec le 9 février et remis à l’eau le 8 mars. « Le Bon Secours VII a passé toute sa carrière à travailler sur la Seine, c’est-à-dire dans un environnement fluvial. Pour sa nouvelle vie, il s’agissait de le moderniser et le préparer à travailler en mer. La partie la plus importante des travaux a porté sur un refit de l’électronique avec rénovation des équipements et mise en place de nouveaux systèmes, ce qui n’a pas été simple puisque la passerelle n’est pas grande et qu’il a fallu trouver le moyen d’intégrer tout ce dont nous avons besoin pour son nouvel usage », explique à Mer et Marine Yann Cherdel, superintendant de TSM. Le remorqueur a ainsi reçu un nouveau radar, un compas satellitaire, un pilote automatique, un navtex, un AIS de classe A, un sondeur, un loch, un anémomètre, un nouveau GPS et un logiciel de cartes de navigation.

 

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© TSM

La timonerie du Bon Secours VII après rénovation (© TSM)

 

Révision de la propulsion et installation d’un ber pour une embarcation

Le chantier s’est également intéressé à la propulsion, qui a été complètement visitée avec notamment la dépose de la ligne d’arbre et la vérification des points d’étanchéité. Certains équipements ont même été changés bien qu’ils n’étaient pas encore arrivés en fin de vie, de manière à assurer un maximum de fiabilité. On notamment été refités la turbosoufflante et le régulateur de vitesse.

Sur la plage arrière, un ber a été installé pour accueillir une embarcation de travail, en l’occurrence un semi-rigide de 3.5 mètres, qui sera mis à l’eau au moyen d’une nouvelle potence, également gréée pour la récupération d’un homme à la mer. « Il s’agit d’un ber amovible qui pourra être démonté afin de permettre au bateau de retrouver facilement ses capacités de remorquage ». Bien qu’il va être remplacé à Rouen par un remorqueur neuf, le Bon Secours VII pourra en effet, en dehors de sa nouvelle mission au profit du parc de Saint-Brieuc, être amené à reprendre son travail d’origine, ce qui nécessite d’avoir une plage arrière dégagée pour la remorque. En plus des travaux déjà mentionnés, on notera que cinq projecteurs ont été ajoutés pour mieux éclairer le pont et les alentours du navire lors des interventions nocturnes.  

 

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© TSM

Avant les travaux (© TSM)

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© TSM

Après les travaux (© TSM)

 

Un projet en local pour offrir une nouvelle vie au bateau

Enfin, le Bon Secours VII a perdu ses couleurs d’origine, avec une coque noire et une timonerie blanche et marron (« chamois » comme on dit chez TSM) pour adopter la livrée bleue et blanche des nouvelles unités de l’armement. Après cinq semaines de travaux, d’abord au sec puis à flot, le navire vient de débuter ses essais et rejoindra dans les semaines qui viennent son nouveau port base de Saint-Malo, à partir duquel il sera armé par deux équipages de quatre marins. « Nous sommes ravis du résultat, c’est un très beau projet et c’est sympa de pouvoir donner une nouvelle vie à un bateau ancien mais qui a encore du potentiel. Et puis c’est un projet que nous avons mené entièrement en local, tous les travaux ayant été réalisés par des entreprises du coin », souligne Yann Cherdel. Une dimension qui est très importante pour Loïc Thomas, directeur général de TSM : « L’un des côtés intéressants de ce projet est de pouvoir offrir une seconde vie à un bateau grâce à une activité complémentaire plutôt que le jeter, comme cela se pratique souvent. C’est de l’économie circulaire. L’objectif était aussi de générer un maximum de retombées sur l’économie locale, d’où le choix de mener le chantier de transformation à Dieppe avec des entreprises du secteur, comme MIM pour la chaudronnerie, Cegelec pour l’électronique et le rééquipement de la passerelle, Mécanique Tréportaise pour la révision du moteur et l’arbre d’hélice ou encore Farrugia, une société de peinture dieppoise qui a décapé la coque et l’a repeinte avec un traitement en profondeur ».

Construit en Espagne en 1991, le Bon Secours VII mesure 27.3 mètres de long pour 7.4 mètres de large et 3.8 mètres de tirant d’eau. Ce remorqueur de 151 tonneaux offre une capacité de traction de 24 tonnes et peut atteindre la vitesse de 12.5 nœuds. Doté d’une hélice sous tuyère, il est équipé d’un moteur diesel Deutz SBV6M628 de 1465 cv, deux groupes Deutz F6L912 de 48 kW et deux alternateurs Leroy Somer de 53 KVA.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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Après les travaux (© TSM)

 

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