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Le 19 septembre dernier, le Prince a transité dans le Rail de la Manche. Mais quel Prince ? Ce car-ferry a quitté la ligne entre Igoumetsina (Grèce) et Brindisi (Italie) qu’il assurait depuis quelques mois pour remonter aux îles Féroé afin d’assurer le remplacement du titulaire Smyrill parti en arrêt technique une vingtaine de jours. Il y assure les rotations entre Torshavn, la capitale sur l’île de Streymoy et Tuoroyri sur l’île de Suöuroy, celle située le plus au sud de l’archipel. Ce navire de 45 ans a eu une carrière pleine puisqu’il n’a pratiquement jamais connu de longues périodes d’arrêt.

Construit en 1974 par le chantier finlandais de Turku, il fut à sa mise en service le Princessan Birgitta de l’armement Sessan Line qui opérait la route entre Göteborg et Frederikshavn. Entré peu après dans le giron de Stena Line, il prenait le nom de Stena Scandinavica dès 1982; nom qu’il conserva cinq années. Entre 1987 et 1989, il est devenu le Scandinavica que l’on a pu entrevoir à Dunkerque à l’occasion d’un affrètement par Sealink British Ferries avant de partir durant la saison estivale en Méditerranée pour la Cotunav sous le nom de Tarak L. Dès l’automne, il est de retour en Mer du Nord après avoir été acheté par Color Line et rebaptisé Venus, nom qu’il conservera deux années. En 1994, il passe sous les couleurs de Scandinavian Seaways – qui n’est autre que l’ancienne appellation de la branche des navires à passagers de DFDS – qui lui donne le vocable royal de King of Scandinavia. Il est alors aligné entre le Danemark et l’Angleterre. En 2002, il prend la route de la mer de Marmara et le nom de Cesme.

Puis en 2004, il entre dans un chantier turc pour subir une refonte complète puis une modernisation de ses intérieurs. Il restera en Turquie jusqu’en 2010, année où il est acheté par Arkoumanis, un armateur grec qui le fait transformer en hôtel flottant pour loger environ 150 techniciens travaillant sur la construction des parcs éoliens offshore. Ces derniers pouvaient bénéficier à bord du Wind Ambition d’un confort quatre étoiles avec 137 cabines individuelles équipées d’une connexion Internet et quelques doubles réservées aux équipages des crew-boats assurant le transfert entre les éoliennes et l’hôtel flottant. A son bord, ils disposaient d’une salle de sport, d’un spa-sauna, d’une salle de cinéma, de salles de repos ou de conférences puis un restaurant haut de gamme. Dès la fin des travaux, il reprit la voie de la Mer du Nord et de la Baltique au fil de ses contrats sous la gestion technique de l’armement C-Bed.

Dépourvu de travail en 2018, il fait son apparition dans le chantier de Salamine (Grèce) qui lui fait subir de nouvelles modifications pour lui redonner une vocation de car-ferry. Celles-ci eurent lieu principalement au niveau de ses emménagements pour les passagers – salons, bars et cafétéria – mais aussi de sa porte arrière qui avait été aménagée avec un « sniff-dog », système où viennent se positionner en appui les crew-boats pour débarquer ou embarquer le personnel. Peut-être dû à son âge avancé, il est déchu de son « titre » de King et devient le Prince. Nul doute que ce presque quinquagénaire peut rêver d’une prolongation de carrière de quelques années encore. Long de 152,40 mètres pour 20,10 de large, le Prince a une jauge brute de 13336 tonneaux pour une capacité retrouvée de 1200 passagers et 300 voitures. Il est propulsé à 19 nœuds par deux Pielstick PC2 V18 développant 21600 Kw.

Texte et photos: Marc OTTINI

 

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© MARC OTTINI

Le Scandinavica en attente au Freycinet 13 à Dunkerque en 1989

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© MARC OTTINI

Le King of Scandinavia sous les couleurs de Scandinavian Seaways lors d’une traversée entre Esbjerg et Newcastle. (Photo Scandinavian Seaways)

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© MARC OTTINI

La photo de la poupe du Wind Ambition où l’on peut voir le « sniff-dog »

 

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