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Dix ans de disette. L’industrie nautique française redresse enfin la barre après la crise de 2008. Lors de sa conférence de rentrée, ce mercredi, la Fédération des industries nautiques (FIN) a présenté des chiffres rassurants, surtout à l’export. Mais la filière peine sur le marché français.

Il aura fallu du temps pour que l’industrie nautique française surmonte les effets de la crise économique de 2008. Une décennie, pour être précis. Mais, cette fois, les acteurs de la Fédération des industries nautique (FIN), commencent à respirer. C’était le message de leur président, Yves Lyon-Caen, mercredi, lors de sa traditionnelle conférence de presse de rentrée. Les performances enregistrées sur l’année 2017-2018 retrouvent ainsi le niveau de celles de 2007-2008. C’est-à-dire un chiffre d’affaires de 1,8 milliard (construction, équipementiers et motoristes), qui monte à 4,8 milliards si on ajoute les autres activités (maintenance, négoce, etc.).

Un essor à l’international

Le paysage mérite cependant d’être précisé. « L’essentiel de la reconquête est liée au développement international de notre filière », indique en effet Yves Lyon-Caen. Plus de 75 % des ventes, principalement en Europe et en Amérique du Nord. Robustesse d’un côté et croissance confirmée de l’autre. C’est beaucoup mieux que pour les concurrents, italiens en particulier. Revers de la médaille : « Mathématiquement, constate le président de la FIN, le marché français n’est pas au rendez-vous ». Une réalité encore inquiétante qu’il convient sans doute d’expliquer. D’abord, les chiffres relevés concernent surtout les bateaux de petite taille. Ce qui permet tout de même d’entrevoir « une croissance en chiffre d’affaires, grâce aux segments à plus forte valeur ».

 

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Des nouveaux pratiquants qui se détournent du neuf

Ensuite, ce qui est encore plus difficile à appréhender, bien que déterminant, ce sont les mutations de ce marché français en devenir. Ce fut un marché d’équipement, il évolue de plus en plus vers le renouvellement. L’acte d’achat se déterminait surtout dans un cadre familial. Il dépend de plus en plus des nouveaux pratiquants, dont tout indique qu’ils sont encore plutôt tentés par les occasions et les locations. Ce qui retarde évidemment l’impact sur le neuf. Le défi de l’industrie nautique consiste donc à aller au-devant de cette nouvelle clientèle potentielle. Elle compte pour cela s’appuyer sur les collectivités territoriales qui s’intéressent aux activités nautiques en général et sur les cibles jeunes et étudiantes. Ce n’est pas un hasard si la FIN a invité les nouveaux titulaires de permis bateaux (ils sont environ 100 000 par an), mais aussi les licenciés des différentes fédérations sportives nautiques, au prochain salon nautique de Paris (du 8 au 16 décembre), dont elle assume la responsabilité, pour la deuxième année.

« Une nouvelle page va maintenant s’écrire », résume Yves Lyon-Caen. Une page qui concerne au premier chef les quelque 41 450 salariés de la filière. En tout cas, la contribution de la Bretagne n’a rien de négligeable. Avec une progression de 11, 3 % pour le chiffre d’affaires et de 11, 6 % pour les effectifs, elle figure même parmi les plus performantes, bien qu’encore devancée par Paca, les Pays-de-la-Loire et la Nouvelle-Aquitaine. 

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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