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Skippé par Arnaud Pennarun, directeur du Chantier Naval de Pors Moro, le célèbre Pen Duick III, ketch vainqueur de la Sydney-Hobart avec Éric Tabarly, a perdu ses partenaires il y a quelques semaines.

LE TELEGRAMME : Comment vous êtes-vous retrouvé à la barre de Pen Duick III ?

ARNAUD PENNARUN : J’ai commencé à naviguer avec Éric Tabarly en tant qu’équipier en 1992, c’est lui qui m’a fait rentrer dans la Marine Nationale où j’ai passé 16 ans de ma vie. Ensuite, j’ai monté deux chantiers navals, un à Lorient où on a remis la flotte des Pen Duick à l’état d’origine, l’autre à Pont-l’Abbé.

Pen Duick III n’est sans doute pas le plus connu des bateaux d’Éric Tabarly…

C’est la goélette à wishbone construite en 1967 à Lorient sur des plans d’Éric Tabarly. Dès sa première année, ce bateau a gagné toutes les courses du RORC en Angleterre mais aussi la Sydney-Hobart en temps réel et en temps compensé. C’est un ketch de 17,47 mètres, il est en aluminium, en duralinox très exactement, et pèse 13 tonnes.

Comment est venue l’idée de courir la Route du Rhum ?

C’était l’année des 30 ans de l’anniversaire de l’hôpital Robert Debré. Eric et Jacqueline Tabarly, qui est la propriétaire du bateau, ont été les parrains de cette association qui fait naviguer pendant trois jours des enfants victimes de maladies lourdes. J’ai fait cela pendant dix ans et ça m’a bouleversé de voir ces enfants se battre. On s’est posé la question de savoir ce que l’on pouvait faire pour les 30 ans de l’association : il y avait la Route du rhum qui arrivait. Personnellement, j’ai aussi envie de montrer que les Pen Duick sont toujours là, que l’on peut naviguer avec des bateaux qui ont quelques années. Sans oublier le défi sportif car ce bateau a été dessiné pour neuf équipiers, et là, j’y vais seul.

Sauf que vos partenaires ont quitté le navire récemment…

On avait un partenaire financier depuis un an et demi qui soutenait notre cause. Pour des raisons de défiscalisation, ce partenaire a pris peur et la fondation a dû se retirer il y a quelques semaines.

Que vous manque-t-il pour pouvoir prendre le départ ?

Là, nous n’avons plus rien. Le bateau est prêt, le skipper aussi, je suis qualifié, il manque juste le budget, soit 240 000 euros. Avec cette somme-là, le bateau peut partir. Ce budget peut être partagé entre trois-quatre partenaires à 50 000 euros.

Une interview de la rédaction du Télégramme

 

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