Marine Marchande
Brittany Ferries : Dernière ligne droite pour l’intégration de scrubbers

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Brittany Ferries : Dernière ligne droite pour l’intégration de scrubbers

Marine Marchande

Quatrième navire de la compagnie bretonne à être équipé de scrubbers, le ferry Mont St Michel est arrivé le 10 décembre à Cherbourg, en provenance de Santander. C’est là, aux chantiers espagnols Astander, que le navire, mis en service en 2003, était arrivé au début de l’automne pour réaliser son arrêt technique et bénéficier d’importants travaux permettant d’intégrer des dispositifs de lavage des fumées. De retour en Normandie, le Mont St Michel « finalise maintenant les essais des systèmes et reprend sa ligne le 18 décembre. Les essais sont très satisfaisants et conforme à nos objectifs », explique-t-on chez Brittany Ferries.

 

Le Mont St Michel après travaux (© : BRITTANY FERRIES)

Le Mont St Michel après travaux (© : BRITTANY FERRIES)

 

Le Pont Aven et l’Armorique équipés en début d’année

Avant le Mont St Michel, les Normandie, Cap Finistère et Barfleur avaient été transformés plus tôt cette année, les travaux étant également menés à Santander. Début janvier, ce sera au tour du Pont Aven. Un arrêt technique de deux mois et demi qui sera, cette fois, réalisé aux chantiers polonais Remontowa. L’Armorique sera également équipé en début d’année, l’opération se déroulant chez Astander.

 

L'Armorique et le Pont Aven (© : GARY DELVAL)

L'Armorique et le Pont Aven (© : GARY DELVAL)

 

Réduire significativement les rejets de SOx et de particules fines

L’installation des filtres à fumée dans les cheminées permet aux navires de Brittany Ferries de continuer à consommer du fuel lourd tout en répondant à la nouvelle règlementation sur les émissions d’oxydes de soufre (SOx) entrée en vigueur le 1er janvier en Manche, mer du Nord et Baltique. « Les fumées d’échappement passent dans les scrubbers pour y subir un traitement qui réduit les oxydes de soufre : les scrubbers traitent ainsi 90% des oxydes de soufre émis par les échappements, mais aussi 70% des particules fines », précise la compagnie. Les études d’intégration de ces dispositifs et la supervision du chantier ont été confiées à STX France, les scrubbers étant livrés par CNIM/LAB et la classification du projet étant réalisée par le Bureau Veritas. Les arrêts techniques ont également permis d’installer un logiciel de routage (Adrena) prenant en compte les courants marins, alors que les coques sont enduites d’une peinture à la silicone fournie par Jotun. Enfin, la Station biologique de Roscoff est impliquée pour l’installation de la « ferry box » qui réalise les analyses d’eau de mer en temps réel.

 

Le Normandie après transformation (© : BRITTANY FERRIES)

Le Normandie après transformation (© : BRITTANY FERRIES)

 

Un programme à 90 millions d’euros

L’ensemble représente un investissement de quelques 90 millions d’euros, dont 11 à 15 millions par bateau simplement pour les scrubbers. Un chantier très lourd qui a reçu le soutien de l’ADEME, de l’Europe et des collectivités locales. « Il est absolument évident que, dans ce projet coûteux et ambitieux, l’attitude de la Région Bretagne, de la Région Basse-Normandie, des Départements du Calvados et de la Manche nous ont permis dans un timing contraint et très serré d’obtenir des  concours financiers privés nécessaires à ce programme vertueux », souligne Jean-Marc Roué, président de Brittany Ferries.

 

Le projet Pegasis, suspendu en 2014 (© : BRITTANY FERRIES)

Le projet Pegasis, suspendu en 2014 (© : BRITTANY FERRIES)

 

Le GNL toujours en ligne de mire

Initialement, l’armement de Roscoff misait plutôt sur l’adoption d’une propulsion au GNL. Il avait travaillé sur un ambitieux plan portant sur la construction d’un grand ferry à Saint-Nazaire (Pegasis), livrable en 2017, et la remotorisation entre 2016 et 2017 des Armorique, Mont St Michel et Pont Aven. Plus anciens, les Normandie, Barfleur et Cap Finistère auraient quand même été équipés de filtres à fumées. Mais Brittany Ferries n’ayant pas obtenu de dérogation pour continuer d’exploiter en l’état ses navires entre le 1er janvier 2015 et leur transformation, ce programme de 400 millions d’euros a été suspendu. Et la compagnie a été contrainte d’opter pour un « plan B », en l’occurrence des scubbers pour toute sa flotte (sauf le Bretagne, trop vieux, qui est passé au diesel). Pour autant, l’option GNL n’est pas abandonnée et Brittany Ferries continue d’y réfléchir pour ses prochains navires, des bateaux de plusieurs tailles devant être construits à l’avenir pour ses différentes lignes. 

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