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Poids lourd mondial de la production d’hydrogène et d’autres gaz industriels, le groupe français Air Liquide cherche à verdir son activité et se tourne vers la capture et le stockage du carbone (CCS). Pour ce faire, il s’est associé à TotalEnergies pour « décarboner la production d’hydrogène » sur la plateforme de TotalEnergies à Gonfreville l'Orcher (Seine-Maritime, près du Havre), écrivent les deux groupes. Le projet vise à exploiter le réseau hydrogène d’Air Liquide en Normandie et à mettre en œuvre une solution de captage et de stockage du CO2 (CCS) dans le sous-sol de la mer du Nord. A terme, Air Liquide doit fournir de cet « hydrogène bleu » à TotalEnergies.

Air Liquide doit reprendre et exploiter une unité de production d’hydrogène de la plateforme de TotalEnergies en Normandie pouvant produire 255 tonnes par jour. Cet hydrogène n’y est pas produit par électrolyse (en décomposant de l’eau grâce à un courant électrique pour obtenir du dioxygène et de l’hydrogène dit « vert ») mais par reformage du gaz naturel qui émet de grandes quantités de dioxyde de carbone (de la vapeur d’eau chauffée sépare les atomes du méthane qui se reforment en dihydrogène et dioxyde de carbone).

Dans un premier temps, l’installation de Gonfreville l'Orcher sera raccordée au réseau d’hydrogène d’Air Liquide, qui comprend déjà une unité de production d’hydrogène située à Port-Jérôme, soit à environ 30 km de Gonfreville l'Orcher. Mais, surtout, TotalEnergies et Air Liquide veulent lancer des études de développement pour capter le dioxyde de carbone produit sur la plateforme Normandie. D’un côté, Air Liquide veut installer sa solution baptisée Cryocap pour capter le dioxyde de carbone émis par l’installation de Gonfreville l'Orcher. Elle est déjà en place à Port-Jérôme depuis 2015. De l’autre, TotalEnergies se chargera du transport et du stockage du CO2. Il sera emmené vers d’anciens champs offshore en mer du Nord pour y être injecté, dans le cadre des projets Northern Lights (Norvège) et Aramis (Pays-Bas). Selon les deux partenaires, cela permettrait de réduire les émissions de CO2 de 650.000 tonnes par an, à horizon 2030.

Ce projet s’insère lui-même dans un cadre plus large de captage du carbone dans le bassin industriel normand. TotalEnergies coopère avec Air Liquide, mais aussi Borealis, Esso et Yara pour développer une infrastructure allant dans ce sens. TotalEnergies veut ainsi capter 3 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an d’ici 2030.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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