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C’est un contrat majeur dans le domaine offshore pour le constructeur européen Vard (ex-STX OSV). Le groupe français Technip et la compagnie norvégienne DOF Subsea ont annoncé le 12 août avoir passé commande de quatre navires de pose de conduites appelés à travailler dans les eaux brésiliennes. Un marché qui s'élève, pour le constructeur européen, à 1.1 milliard de dollars, incluant le design, la construction et les équipements des navires (tours de pose, carrousels et tourets de stockage, tensionneurs de pont, grues de pont et d’opérations sous-marines, systèmes de lancement de robots télé-opérés de type Work ROV…)

 

 

La plus forte capacité de tension du monde

 

 

Ces PLSV (Pipe Lay Support Vessels), adoptant des designs développés par Vard, seront de deux types. Tout d’abord deux unités du type VARD 3 05. Longues de 151 mètres pour une largeur de 30 mètres, avec un creux de 13 mètres, elles présenteront la plus importante capacité de tension de pose de flexibles au monde, grâce à une imposante tour inclinable, culminant à une centaine de mètres au dessus de la ligne de flottaison et offrant une tension maximale de 650 tonnes. Ces navires abriteront sous leur pont deux carrousels pour le stockage de conduites flexibles. Les coques seront réalisées par le chantier Vard de Tulcea, en Roumanie, puis achevées par l’un des sites norvégiens du constructeur, à Søviknes, avec des livraisons prévues au second et au troisième trimestre 2016.

 

 

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© VARD

Les quatre futurs PLSV de DOF Subsea et Technip (© : VARD)

 

 

Les deux autres PLSV destinés à DOF et Technip seront du type VARD 3 16, un design dérivé  du navire du de construction du type VARD 3 06 commandé l’an dernier par Solstad Offshore. Longs de 139.9 mètres pour une largeur de 28 mètres, ils disposeront d’une tour de pose de conduites dont la capacité de tension sera de 340 tonnes, ainsi qu’un carrousel et des tourets, logés respectivement sous et sur le pont. Ces deux navires seront construits au Brésil par le chantier Vard Promar, leurs livraisons étant prévues au quatrième trimestre 2016 et au second trimestre 2017.

 

 

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© VARD

PLSV du type VARD 3 16 (© : VARD)

 

 

Positionnement renforcé dans le Subsea

 

 

Cette commande renforce le positionnement de Vard, repris en début d’année par le groupe italien Fincantieri, sur le marché de la construction sous-marine (Subsea). « Le choix des chantiers navals de Vard en Europe et au Brésil pour construire ces navires illustre l’importance de notre présence globale dans les relations avec des clients internationaux, qui nous permet d’apporter des technologies de pointe à des nouveaux marchés », affirme Roy Reite, président de Vard. Alors que les bureaux d’études de Vard, situés en Norvège, ont développé toute une gamme d’OSCV (Offshore Subsea Construction Vessels) très performants, le groupe a su se rapprocher des marchés porteurs en développant des chantiers à l’international, notamment au Brésil, où il dispose de deux sites (Promar, à Niterói, et un nouveau chantier à Fortaleza). Acquis en 2001 par Aker Yards (repris en 2008 par STX avant de devenir Vard suite à la prise de contrôle de Fincantieri), Promar a déjà réalisé deux navires pour le compte de DOF et Technip, le Skandi Vitória (2010) et le Skandi Niterói (2011), qui ont adopté la précédente version du design VARD 3 06.  

 

 

Le Skandi Vitória (© : VARD)

 

 

Des navires très complexes

 

 

Conçus pour la pose des conduites reliant entre-elles les installations sous-marines (puits et autres structures au fond de la mer) et les plateformes ou unités flottantes en surface, ces navires sont particulièrement complexes. « Le gigantisme des éléments de l’industrie pétrolière offshore apparaît plus qu’à bord de n’importe quel autre navire. Le plus haut point du navire culmine 30% plus haut que la cheminée de l’Oasis of the Seas (le plus gros paquebot du monde, ndlr), et chaque manutention d’objet et de flexible requière des forces de plusieurs dizaines de tonnes dans plusieurs directions. L’humain est insignifiant dans ce contexte, et chaque manutention, facile dans son principe, se révèle complexe dans son exécution. Le plan de pont, qui doit rendre toutes ces opérations possibles, à grands renforts de winch et de poulies de renvois, de rails et de guides, est bien moins épuré qu’un voilier de course, mais sans doute plus abouti, et calculé dans ses moindres détails », explique Eric Autran, architecte naval en charge du projet chez Vard. Les deux navires réalisés en Europe pourront notamment travailler dans l’offshore ultra-profond, avec la possibilité de poser des conduites de large diamètre. D’où leur capacité de tension de 650 tonnes. « La capacité de tension très importante est due à la profondeur d’eau. Les flexibles de 630mm de diamètre, suspendus sur une hauteur de 3 kilomètres en une longue caténaire vers le fond marin, exercent des forces colossales, tout en étant fragiles. Pour donner une idée, en termes de dénivelé, c’est deux fois le téléphérique de l’Aiguille du Midi, sans pylône. Pour retenir la conduite flexible sans l’abîmer, les deux tensionneurs situés dans la tour exercent une pression contrôlée via 4 chenilles antagonistes à coussinets de caoutchouc ». Eric Autran rappelle, de plus, qu’il ne s’agit pas uniquement de poser des conduites. « La pose de ces conduites, généralement assez courtes, entre les différents équipements sous-marins du champ pétrolier, s’accompagne de l’installation de blocs de terminaisons et de connections aux autres équipements sur le fond. Les navires sont par conséquent conçus pour une multitude de scénarios d’installation sous-marine par très grande profondeur. Le positionnement du point de contact de la conduite sur le fond marin, très encombré en équipements, est un challenge à part entière et requiert un système de positionnement dynamique de pointe, avec de nombreux capteurs, faisant appel à toutes les technologies connues ».

 

 

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© STX OSV

Le chantier Vard de Niterói (© : VARD)

 

 

Destinés au marché brésilien

 

 

Ces quatre navires ont été commandés dans le cadre d’une série de 8 contrats remportés par la filiale commune de Technip et DOF Subsea auprès du géant pétrolier brésilien Petrobras (la part de Technip s’élève à 1.35 milliard d’euros). Ces contrats portent sur la construction et l’exploitation de quatre PLSV pour l’installation de conduites flexibles dans les eaux brésiliennes. « Ce contrat stratégique renforce notre leadership Subsea au Brésil, ainsi que notre relation de longue date avec Petrobras. Nous sommes persuadés que ces nouveaux PLSV performants seront des atouts majeurs pour notre client afin de mener avec succès ses projets au large du Brésil », estime Frédéric Delormel, responsable des opérations Subsea chez Technip. Pour Mons S. Aase, directeur général de DOF, « ces contrats confirment que notre coopération avec Technip pour le Skandi Vitória et le Skandi Niterói a été une réussite, et renforce notre leadership en tant que fournisseur de navires offshore pour l’industrie brésilienne du pétrole et du gaz. Il est le résultat d’un engagement à long terme sur le marché brésilien et une reconnaissance du savoir-faire de tous nos salariés ». 

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