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Zones fréquentées, périodes d’activité, engins déployés, espèces ciblées : les pêcheurs du Finistère ont massivement répondu aux questions de Marion Debasly et ses collègues. Le chantier était énorme. En 2017, année de leur enquête de terrain, 636 bateaux de pêche étaient recensés. Quelque 494 patrons ont répondu.

Marion Debasly est chargée de mission pour le comité départemental des pêches, notamment sur le programme Valpena. « Cet outil créé il y a plusieurs années par le comité régional des pêches des Pays de la Loire s’est étendu à tous les comités des pêches français réunis au sein d’un groupement d’intérêt scientifique (GIS) », explique-t-elle. « Il s’agit de réaliser la cartographie des activités de pêche et suivre leur évolution dans le temps dans le but de préserver les intérêts des pêcheurs à une époque où les convoitises sur l’espace marin sont de plus en plus pressantes : parcs éoliens en mer, câbles sous-marins, extractions minières », précise la jeune femme.

Deux enquêtes en 2014 et 2017

« Les données nous permettront par exemple de répondre à RTE (Réseau de transport d’électricité) qui nous a sollicités sur l’activité de pêche dans la zone où un câble électrique va être installé entre le Nord-Finistère et l’Irlande », illustre-t-elle. Le Finistère qui compte la moitié de la flottille de pêche bretonne s’est donc retrouvé en première ligne dans ce programme.

« Tous les ans, nous faisons des enquêtes auprès d’un échantillon de pêcheurs, détaille Marion Debasly. Tous les quatre ans, nous réalisons une enquête exhaustive. La première a eu lieu en 2014, la seconde en 2017 ». Cet automne, la scientifique a fait la tournée des ports pour restituer les données mises en forme en 2018.

Données confidentielles

Le travail effectué est réalisé sur un maillage de zones de 3 milles sur 3 milles, ce qui permet de recueillir des données très précises, mais aussi sensibles. « Les données individuelles restent confidentielles et sont sur la cartographie regroupées par flottille d’au moins cinq bateaux. Les cartes elles-mêmes ne sont ensuite pas destinées à être diffusées publiquement », décrit-elle.

Marion Debasly et son équipe ont donc effectué de multiples entretiens sur le terrain pour compléter les cartes. « Ces dernières semaines, nous avons présenté, par quartier, quelque 150 cartes au total ». Les échanges ont permis de recueillir des ressentis. Ils seront confrontés aux tendances qui se dégageront dans le temps. « On nous dit que les poissons changent de comportement, de zone. Cela est sensible ces deux dernières années », signale la scientifique.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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