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Un filet de pêche « fantôme » de 200 mètres de long a été récemment découvert en baie de Douarnenez, devant la pointe de la Jument, par des plongeurs plaisanciers du club subaquatique d’Annecy. Ces derniers ont prévenu le Douarnenez Aqua Club qui a lui-même alerté le parc naturel marin d’Iroise.

Des agents de l’antenne sud du parc, basée également à Douarnenez, sont alors intervenus sur le site, mardi 7 septembre. L’engin de pêche reposait dans des laminaires par des fonds peu importants (16 à 20 mètres) et pas trop agités. Des plongeurs sont parvenus à dégager le filet en polyamide de 70 kilos au moyen de ballons. Ils ont découvert des dizaines de crustacés (homards, araignées, tourteaux) pris dans les mailles du filet qui, malgré son abandon, était resté pêchant. Ramené à terre, le filet professionnel a été remis dans un point de collecte pour le matériel de pêche usagé.

 

 

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© PNMI

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© PNMI

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Il arrive que des pêcheurs perdent leurs filets lorsqu’ils se prennent au fond et qu’un orin ou une ralingue casse. Bien souvent, ils ne peuvent être récupérés car se trouvant dans des zones difficiles d’accès (courant, profondeur, mer agitée) et peuvent rapidement être déplacés.

 

 

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L’opération des agents du parc marin est donc assez exceptionnelle. Toutefois, ce genre de filet en polyamide représente le tiers des déchets polluant la mer d’Iroise, selon le parc. Ce dernier précise que « le polyamide se dégrade très lentement, libérant ses différents composants chimiques dans l’environnement marin pendant plusieurs centaines d’années ». De plus, il représente un danger pour l’homme, navigant comme plongeur, ou pour différents animaux.

Le parc explique qu’il travaille à un modèle de gestion des déchets de la source à la collecte, se concentrant sur les filets fins en polyamide, les plus courants en pointe Bretagne. Pour lutter contre cette pollution (des dizaines de millions de tonnes dans le monde) des collecteurs de déchets de pêche ont été installés dans une dizaine de ports de la zone. Des ateliers ont été mis en place avec les pêcheurs professionnels. Enfin, des tests de filets sans plastique, biosourcés et biodégradables devraient être réalisés en 2022, s’inspirant d’une expérimentation du parc naturel marin Estuaires picards et de la mer d’Opale menée avec les entreprises Seabird, Nautique conseil et Take a Waste. Reste encore à voir si ces filets seront aussi efficaces et ne coûteront pas plus cher que ceux en polyamide.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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