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En provenance de Bayonne, l'Arctic Sunrise, le bateau de Greenpeace effectue une escale de 4 jours à Saint-Malo. L'armada verte était venue plaider la cause de la pêche artisanale, une profession largement majoritaire mais « laissée de côté et qui a bien du mal à avoir accès à la ressource ». Au moment où les premières visites du bateau débutaient hier matin, le président du comité départemental des pêches, Pascal Lecler, accompagné d'Isabelle Thomas, députée européenne PS, membre de la commission pêche, tenait une conférence de presse. « C'est de la com', tance la députée européenne. La pêche mérite davantage de pédagogie, d'éducation au monde marin et moins de polémique. » 

 
 
« Pas des vilains garçons » 
 
 
« Les premiers scientifiques, ce sont les pêcheurs, ajoute Pascal Lecler. On est les premières sentinelles de notre métier. On n'est pas toujours les vilains garçons pour qui on veut nous faire passer. » Sans toutefois proférer d'attaque frontale contre le mouvement Greenpeace, (le comité départemental s'est contenté d'apposer une banderole sur un de ses bateaux) le duo reconnaissait avoir bien du mal à trouver une définition à l'expression « pêche artisanale » dont veut se faire le chantre, le mouvement écologiste. « C'est une notion floue, on n'a pas vraiment de définition. Qu'on soit en Méditerranée ou en Atlantique, les cultures et les pratiques ne sont pas les mêmes. » C'est Pascal Lecler qui avait invité le bateau vert à entrer dans « son » bassin. « Quand on veut parler pêche, et bien, on vient en discuter dans le bassin des pêcheurs. » 
 
 
Plus de poisson dans 35 ans ?
 
 
Faute de bassin Vauban et de meilleure exposition, l'Arctic Sunrise s'est donc amarré jusqu'à mercredi matin, quai ouest du bassin Vauban. « Une autre pêche est possible, argumente Hélène Bourges, responsable de la campagne. Nous luttons contre une pêche destructrice comme le chalutage profond ou la pêche au thon à la senne. Si on continue comme ça, dans 35 ans, les océans pourraient être vides. » Pour défendre un modèle de pêche durable, Greenpeace avance plusieurs critères : une pêche à la journée, dans des bateaux ne dépassant pas 12 m avec des propriétaires et pas des armateurs. Et avec des techniques de pêche sélectives : casiers, nasses, hameçons, etc. « On veut soutenir une pêche qui n'a pas voix au chapitre », termine la militante. Et pour bien montrer que les pêcheurs sont sur la même longueur d'onde que Greenpeace, des professionnels basques et bretons (Bénodet et Saint-Malo) sont rejoint Saint Malo dans la journée d'hier.
 
 
Un article de la rédaction du Télégramme

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