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Sollicités par la direction des pêches en 2012 alors que les populations de bars commençaient à baisser, les scientifiques d'Ifremer ont lancé une vaste étude de l'espèce qui s'achève en partie cette année.

Ces données devraient apporter des bases solides pour une bonne gestion à venir des stocks. « Jusque-là, le bar était une espèce qui se portait bien. On manquait d'éléments scientifiques pour connaître l'état du stock et savoir si la baisse de la biomasse des adultes - confirmée depuis - pouvait être liée aux prélèvements effectués par les pêcheurs ou s'il y avait eu une baisse des apports en juvéniles, quatre à cinq ans auparavant », explique le chercheur Ronan Le Goff.

1200 bars sous surveillance

Ifremer a donc procédé à un marquage électronique de 1200 bars adultes dans le but d'établir leurs déplacements et leur appartenance à un ou plusieurs stocks. Un « bateau-hôpital » a été affecté à cette opération « chirurgicale » des poissons.

Parallèlement, plusieurs nourriceries de petits bars dans les grands estuaires ont fait l'objet d'études, afin d'élaborer des « indices d'abondance » annuels. Ces indices peuvent donner une idée des stocks d'adultes à venir, deux à trois ans plus tard.

Des premières conclusions d'Ifremer, il ressort que le bar atteint la taille de la maturité sexuelle à 42 cm, aussi bien dans la Manche que dans le golfe de Gascogne. Une donnée transmise au Conseil international pour l'exploration de la mer (Ciem) qui émet chaque année des propositions pour la gestion des pêches.

Plus de 100 km

Grâce aux marques implantées dans les bars, les scientifiques savent désormais que l'espèce peut avoir divers types de comportements. Certains bars peuvent parcourir plus de 100 km dans une année. Tandis que les autres (Mor Braz, sud de la Bretagne) bougent très peu. Bien qu'une partie des bars marqués dans le golfe de Gascogne n'hésitent pas à passer la pointe Bretagne pour gagner la Manche Ouest, il semblerait que coexistent deux grands stocks de bars sur la façade maritime française. L'un dans le Golfe de Gascogne et l'autre sur la façade nord. La Bretagne étant une zone de « mélange » des stocks.

« Dans leur immense majorité, les bars seraient fidèles à leur zone estivale d'engraissement. La migration de reproduction commence fin novembre. Le frai a lieu au large en février et mars. Les courants entraînent ensuite les petits en direction des nourriceries dans les estuaires », commente Ronan Le Goff.

Tirage au sort : 1000 € !

Les premières conclusions de l'étude sur les marquages ont été présentés hier, à Itechmer, par la chercheuse Hélène de Pontual.

Pour l'instant, 30 % des marques ont été retrouvées par les pêcheurs qui sont encouragés à les transmettre. Ifremer n'hésitant pas à rémunérer 50 € la marque et 100 € le bar. Afin de remercier ceux qui ont ainsi collaboré à l'étude, un tirage au sort sera organisé. Le lauréat se verra attribuer 1000 € !

Les résultats de l'étude sur http://wwz.ifremer.fr/bar

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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