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Le port de pêche de Keroman, à Lorient, a entamé depuis quelques mois une réflexion sur le recyclage des chaluts, ces filets de pêche en forme de vaste entonnoir tractés par les navires. Constitués majoritairement d’alèzes vertes en polyéthylène (du plastique), les chaluts usagés finissent souvent leur vie enfouis ou incinérés. Ceux collectés à Lorient, une trentaine de tonnes environ, par an, servent « de combustible pour des chaudières urbaines ou industrielles », indique Anouck Le Crann, responsable Qualité, hygiène, sécurité et environnement (QHSE) de la SEM Lorient Keroman, gestionnaire du port.

Projet national

Dans le cadre du projet national « Recypech », porté par la Coopération maritime, Keroman a été choisi comme port pilote pour améliorer la collecte et la valorisation des vieux chaluts. Trois autres ports français (le quartier maritime de Paimpol, Boulogne et Port-la-Nouvelle) sont engagés sur d’autres volets du recyclage des engins de pêche usagés.

À Lorient, la SEM, la Coopérative maritime et le Comité départemental des pêches travaillent de concert. Mi-juin, des conteneurs souples (big bag) ont été mis à disposition des pêcheurs professionnels lorientais pour collecter les chutes d’alèzes vertes en polyéthylène et celles associant d’autres matériaux. Cette opération doit permettre, dans un premier temps, d’évaluer les volumes.

Problématiques techniques

« Cela peut sembler simple mais on ne peut recycler que les chaluts mono-matière. Or, les chaluts intègrent souvent plusieurs matériaux », explique Laouen de Kersauson, de la Coopérative maritime, qui dispose d’un atelier de confection de chalut sur le port. Fabriqué sur-mesure, en fonction des navires, chaque chalut a son propre montage et les nappes d’alèzes en polyéthylène sont généralement assemblées avec du nylon pour des questions pratiques. Moins idéales pour être recyclé. « Nous réfléchissons à faire évoluer la fabrication des chaluts pour qu’ils soient plus facilement recyclables », indique Laouen de Kersauson.

Créer une filière

En 2025, la législation imposera aux producteurs de matériel de pêche d’avoir une démarche de recyclabilité. « Nous ne souhaitions pas attendre 2025 pour nous engager », explique Laouen de Kersauson. À terme, l’idée est de « créer une filière de recyclage cohérente en s’associant peut-être avec d’autres ports », précise Anouck Le Crann. Pour l’heure, une seule usine de recyclage, implantée au Danemark, prend en charge les chutes de chaluts en polyéthylène.

Le port lorientais aimerait trouver idéalement une réponse locale, à l’image de celle qui se développe pour les filets de pêche en polyamide (nylon) avec la société finistérienne Fil & Fab. Collectés sur les quais, les filets sont transformés en granulés avant de devenir des montures de lunettes !

Un article de la rédaction du Télégramme

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