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A La Réunion, la tension ne faiblit pas entre les armements historiques à la légine, regroupés au sein du SARPC (syndicat des armements réunionnais de palangriers-congélateurs) et Réunion Pêche Australe, armement outsider qui devrait réarmer un navire pour une deuxième marée consécutive.

Fin septembre, au lendemain de plusieurs jugements du tribunal administratif de la Réunion, l’administration des Terres Australes et Antarctiques Françaises, responsable en matière de la pêcherie de légine, a en effet octroyé un petit quota de 100 tonnes à Réunion Pêche Australe. Ce qui n’a pas manqué de déclencher des vives réactions de la part du SARPC qui conteste, sur tous les fronts, la présence de RPA dans la pêcherie.

« Le Syndicat des Armements Réunionnais Palangriers Congélateurs s'apprête à faire appel des différents recours en annulation jugés le 28 septembre par le Tribunal Administratif et à déposer une nouvelle requête en annulation devant le juge administratif pour la réservation de quota à RPA », dit son responsable Jean-Pierre Kinoo. « Il prévoit également d'engager toutes les démarches nécessaires pour mettre la France devant ses responsabilités locales, nationales et internationales au regard de la gestion des ressources, de la préservation des habitats marins, des acquis scientifiques et des retombées socio-économiques auxquels les armements fondateurs ont activement contribué ».

Le SARPC a également annoncé dans la foulée la suspension du plan Légine pour Tous (qui prévoyait des aides pour la pêche artisanale réunionnaise) et sa démission de l’Aripa, l’association réunionnaise interprofessionnelle de la pêche et de l’aquaculture. Pour mémoire, le SARPC avait subordonné son plan Légine pour Tous, approuvé par le Comité Régional des Pêches de la Réunion, au non-octroi de droits de pêche à RPA.

Du côté des TAAF, le ton est ferme. « Ces attributions de quotas ne constituent ni un rejet, ni un soutien à l’un ou l’autre des projets élaborés par les armateurs de la pêche à la légine au profit de la pêche artisanale réunionnaise », précise l’administration. « Ces projets relèvent d’accords privés librement consentis par les parties prenantes et elles-seules disposent de la capacité de les mettre en œuvre. Les efforts déployés par les armements historiques méritent d’être soulignés. Ceux-ci ont contribué à l’obtention du label "Marine stewardship council" (MSC) qui atteste de la gestion durable de la ressource et favorise une valorisation du prix générant des co-bénéfices. Récemment, des divergences de vue ont cristallisé les oppositions au sein de la profession. Les TAAF souhaitent appeler les différentes pêcheries à fédérer leurs efforts afin de bâtir collectivement des projets au bénéfice de tous les acteurs, particulièrement réunionnais ».

Du côté de RPA, on se félicite de l’arrêté des TAAF et on annonce que la société peut désormais se concentrer pleinement sur la préparation de la prochaine marée. L’affrètement du Corinthian Bay a été confirmé et le navire partira en mer vers la mi-décembre, le temps de finaliser le passage sous pavillon français du navire et d’obtenir sa nouvelle licence de pêche. Pour se mettre en conformité avec la jurisprudence du tribunal administratif, RPA va en effet devoir prouver sa qualité d’armateur en conformité avec la loi du pavillon français.

 

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