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C’est un scénario attendu et redouté. Un violent séisme d'une magnitude de 7.5 se produit sur la marge algérienne, à une faible profondeur. Cette zone a déjà été le théâtre des tremblements de terre d’Orléansville (1954, magnitude 6.7, 1200 morts), d’El Asnam (1980, magnitude 7.1, 2600 morts) et de Boumerdès (2003, magnitude 6.8, 2200 morts, qui avait provoqué un petit tsunami, notamment aux Baléares). Cette fois, les mouvements du fonds marin provoquent un important train d’ondes de gravité en haute mer. Invisibles au large, les vagues générées traversent la Méditerranée à plusieurs centaines de km/h et frappent les rivages français moins d’1h30 plus tard. À l’approche de la côte, la célérité des vagues diminue entre 30 et 40 km/h (elle dépend de la profondeur d’eau), mais la hauteur est amplifiée. Le tsunami généré n’est pas une déferlante, mais plutôt une crue de trois à quatre mètres de haut. Le niveau de la mer s’élève brusquement. Elle inonde les marinas, arrache pontons et bateaux, envahit les rues du bord de mer et transporte de dangereux objets. Si le tsunami se produit en plein été, les plagistes sont en danger et doivent s’enfoncer rapidement dans les terres ou gagner des points hauts. Ce phénomène peut durer plusieurs heures, avec des mouvements de flux et reflux de la mer qui ravagent le littoral.

Les tsunamis les plus puissants sont générés, en général, sur des zones de subduction. Une plaque tectonique s’enfonce sous une autre plaque. Parfois, sur 1000 km, le fonds se soulève et l’océan se met brutalement en mouvement. Le tsunami se propage dans toutes les directions et peut atteindre des côtes à plusieurs milliers de kilomètres de l'épicentre.

Si les tsunamis dévastateurs qui se sont produits dans l’histoire récente en Asie, à Sumatra (2004) et Tohoku (2011), paraissent lointains, des événements catastrophiques se sont aussi déroulés en Europe. Le plus célèbre est certainement le séisme suivi d’un tsunami du 1er novembre 1755, à Lisbonne. La mer s’était alors retirée de 2 kilomètres et 18 mouvements successifs dont les hauteurs ont varié de 5 à 10 mètres ont détruit la capitale, faisant 75.000 morts. Des hauteurs comparables à ce qui fut observé en Thaïlande et au Sri Lanka, en 2004. Le tsunami fut d’ailleurs ressenti (3 mètres) jusqu’à la Barbade, à plus de 4000 km. En 1908, un autre tsunami, à Messine (Italie) a tué 200.000 personnes, selon certaines

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Science et Environnement