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La communauté maritime se mobilise et s’organise en prévision du One Ocean Summit, qui se déroulera à Brest du 9 au 11 février. Un évènement, le premier du genre, dont elle attend beaucoup et qui doit appuyer une dynamique puissante pour la protection des espaces marins et le verdissement des activités humaines en mer. C’est ce qu’explique à Mer et Marine Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster Maritime Français.

MER ET MARINE : C’est la première fois qu’un évènement comme le One Ocean Summit est organisé. C’est, on l’imagine, une opportunité pour les acteurs du secteur maritime ?

FREDERIC MONCANY DE SAINT-AIGNAN : En effet, c’est forcément très intéressant car ce sommet va permettre de réunir l’ensemble des acteurs de l’océan sur le plan français, européen et international. On y parlera donc de l’océan d’un point de vue environnemental mais aussi économique, les deux devant se marier avec comme objectif un océan en bonne santé pour une planète en bonne santé.

De nombreuses thématiques vont être abordées, en particulier le verdissement du transport maritime et des ports. On remarque cependant que certains secteurs sont absents des ateliers et forums, en particulier celui des énergies marines renouvelables. Ce sont les grandes oubliées de ce sommet ?

Les énergies marines ne seront pas absentes de cet évènement où l’on va évidemment parler environnement et énergie. Simplement, le sommet est très orienté sur l’environnement maritime et les EMR sont certes des énergies localisées en mer, mais qui sont destinées à la terre. Quand on va parler décarbonation, ce sera d’abord pour améliorer ce qui se passe sur et au-dessus des océans. Les énergies marines ne sont donc pas oubliées, elles font bien partie du paysage et on en aura de plus en plus besoin.

Qu’attendez-vous de ce sommet ?

La première chose, c’est une reconnaissance de l’importance de l’océan dans ses aspects environnementaux et économiques, qui doivent se marier dans un développement durable. L’intérêt d’une rencontre de haut niveau comme celle-ci, c’est de mélanger scientifiques, entreprises et décideurs politiques du monde entier pour travailler en synergie afin que ces enjeux soient au sommet des agendas en matière de politiques publiques. Nous allons par exemple nous réunir à Brest avec une vingtaine de Clusters maritimes européens ainsi que le Cluster maritime d’Afrique francophone. Il s’agit de montrer toute l’expertise et l’expérience que les acteurs du secteur peuvent mettre à disposition des décideurs politiques, économiques et environnementaux, en particulier sur des priorités telles que l’innovation, la décarbonation ou la numérisation.

Le Cluster Maritime Français a notamment initié la Coalition pour la Transition éco-énergétique du Maritime, la « T2EM » comme on l’appelle. Celle-ci a signé en novembre dernier, lors des Assises de l’économie de la mer à Nice, un engagement pour la création d’un Institut destiné à piloter un programme de navires et ports 0 émission. Le One Ocean Summit sera-t-il l’occasion de franchir une nouvelle étape ?

Tout à fait. Le Cluster et ses membres se sont fortement engagés avec cette coalition dans la transition éco-énergétique afin de rassembler les acteurs et structurer une filière pour permettre la décarbonation des activités maritimes. Nous avons pour cela des savoir-faire, de l’innovation et nous lancerons à l’occasion du One Ocean Summit l’Institut de la transition éco-énergétique. Ce sera un centre mutualisé de recherche et de développement qui sera localisé entre Nantes et Marseille. Il associera Universités, centres de recherche, industriels, utilisateurs, financiers, énergéticiens, sociétés de classification… Toute la chaîne de valeur sera rassemblée, va se parler, travailler et financer ensemble une feuille de route pour la décarbonation des activités maritimes.

Il y aura également des initiatives, peut-être plus sectorielles, de la part de l’industrie maritime, par exemple dans le transport maritime conteneurisé ?

Oui, on attend notamment des annonces fortes de la part des armateurs sur le label Green Marine Europe, qui constitue un engagement à verdir très sensiblement leurs flottes. Et cela ne concerne pas que les conteneurs. L’idée avec Green Marine Europe et les armateurs qui vont le rejoindre c’est de créer une masse critique pour que ceux qui n’y sont pas finissent par venir car ce label deviendra incontournable.

Pendant ce sommet, on parlera beaucoup science et technique, mais une place est aussi faite à l’humain…

En effet, ce sera un sommet environnemental en faveur de la mer, mais aussi de l’humain et de la mer, des bienfaits que l’océan peut apporter sur le plan sociétal, environnemental, nourricier aux hommes et aux femmes. Il y aura d’ailleurs une séquence importante autour des femmes dans le milieu maritime. C’est aussi l’occasion, par l’éclairage que procure un grand évènement de ce type, de mettre en avant l’attractivité des métiers de la mer. Un tel sommet, dans toutes ses composantes, montre que si l’on veut travailler avec, pour, dedans ou autour de cet univers, il y a une multitude de parcours professionnels possibles, il y en a pour tout le monde.

Pendant longtemps, notamment en France, la mer n’a pas été un sujet très porteur pour les décideurs politiques ni l’opinion publique. Les choses sont-elles en train de changer ?

Il faut reconnaitre que depuis quelques années on n’a jamais autant parlé d’océan, de mer, de maritime, il n’y a jamais eu autant de séquences traitant de ces sujets et un tel intérêt politique. Avant, personne ne pensait à nous, maintenant c’est l’inverse. Le One Ocean Summit est une reconnaissance du monde maritime. La mer est enfin portée aujourd’hui et on ne peut que s’en féliciter.

 

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