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Jamais un volcan sous-marin aussi jeune et à ces profondeurs n’avait été étudié. En mai 2019, un volcan âgé de moins d’un an a été repéré à 50 km à l’est de Mayotte, par 3400 mètres de profondeur. Après une vingtaine de missions de surveillance qui se sont succédées pendant deux ans, la première campagne de recherche scientifique, Geoflamme, coordonnée par l’Ifremer et l’IPGP (Institut de physique du globe de Paris), s’est déroulée pendant 40 jours du 17 avril au 25 mai, à bord du navire océanographique Pourquoi Pas ?

 

 

Les scientifiques en ont ramené des images de ce tout jeune volcan prises par le robot sous-marin Victor 6000, un système téléopéré de la taille d’une voiture citadine, capable d'effectuer de l'imagerie optique de qualité, d'emporter et opérer divers équipements et outillage scientifique. Il a effectué 17 plongées de 24 à 36 heures, s’approchant jusqu’à 2 mètres du fond. Lors de la première plongée, le robot est descendu dans une eau très trouble et il a fallu attendre 6 heures avant de voir le volcan qui mesure 820 mètres de haut et s’étend sur 5 km de large. En tout, 6 km3 de lave ont été déversées sur le fond marin. Sur les premières images, « on distingue très bien les laves en forme de tubes, typiques des éruptions sous-marines, avec des coulées qui s’enchevêtrent », indique Emmanuel Rinnert, chef de mission et chercheur à l’unité Géosciences marines de l’Ifremer. « La couleur ocre est sans doute due à des particules de fer oxydé,comme de la rouille. On observe aussi des zones où la lave est très noire, brillante, ce qui montre qu’elle est particulièrement "fraiche". Le volcan s’est mis en place il y a trois ans, c’est une micro seconde à l’échelle des temps géologiques ». Les scientifiques ont repéré des traces de vie, des biofilms de micro-organismes et de la macrofaune, comme des crevettes.

 

253282 Volcan Mayotte
© IFREMER

(© IFREMER)

 

Ce volcan est lié à la présence d’une poche magmatique à plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur à l’est de Mayotte. En se vidant, elle a entraîné le déplacement vers l’est de l’île et son affaissement d’une vingtaine de centimètres, ainsi que des séismes. Aucune coulée en formation n’a été observée lors de Geoflamme et l’activité volcanique semble plus calme dernièrement.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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Science et Environnement