Aller au contenu principal

Nouvelle difficulté sur le chantier de Plastic Odyssey. Après avoir eu la mauvaise surprise de devoir procéder au désamiantage de son ancien navire océanographique, le Victor Hensen, construit en 1974, l’équipe du projet de réduction de la pollution plastique a découvert en août dernier, à l’occasion d’une réparation sur un plafond de ballast, que celui-ci était dans un état catastrophique. Impossible de lancer l’expédition en novembre comme prévu.

Plastic Odyssey a donc dû trouver au plus vite un chantier en mesure de faire les réparations, tandis que les cales sèches de Damen, à Dunkerque, n’étaient plus disponibles. C’est donc chez Eiffage, à Saint-Nazaire, que le navire effectuera ces nouveaux travaux. Le navire quittera Dunkerque pour le chantier ligérien début décembre. Il effectuera le trajet en une demi-douzaine d’étapes, en naviguant de jour.

Les réparations qui dureront trois mois s’annoncent délicates sur ce ballast situé « sur la partie arrière centrale du bateau », « qui tient le tube d’étambot » et « sous la mèche de safran », explique Plastic Odyssey à Mer et Marine. Il s’agira de changer une « partie du ballast, autant sur la coque que sur les taules internes. C’est une réparation difficile, ils vont devoir faire une partie, puis l’autre, car le bateau repose sur cette zone-là. C’est une opération à cœur ouvert ». Plastic Odyssey se dit toutefois « content » qu’Eiffage ait accepté le chantier, car « techniquement, ils savent faire ce genre de chose, ça ne leur fait pas peur du tout, on est entre de bonnes mains ». 

Dans une récente communication, Plastic Odyssey est revenu sur ce chantier de transformation semé d’embûches. Le navire de 40 mètres racheté en octobre 2019 a d’abord dû subir un désamiantage à Boulogne-sur-Mer, en pleine pandémie, durant l’hiver. Pendant l’été 2020, le navire a été modifié au chantier Damen avec ajout d’un nouveau pont. Un deuxième désamiantage a aussi été réalisé. Il a ensuite subi des travaux de chaudronnerie après des mesures de coque révélant des faiblesses. Remis à l’eau avec sa nouvelle livrée en mars 2021, il a reçu au début de l’été ses machines « low-tech » de valorisation du plastique. Alors que l’expédition devait commencer en novembre, une dernière réparation sur un plafond de ballast a révélé que ce ballast « qui n’avait jamais été visité avant, en presque 50 ans de vie du navire » était en très mauvais état, laissant penser que la structure pouvait être endommagée. Décision a été évidemment prise de réparer.

Plastic Odyssey doit réaliser un tour du monde de trois ans à travers 30 pays du monde. La première escale devrait avoir lieu en Egypte. Par la suite, dans chaque pays, Plastic Odyssey va chercher des solutions pertinentes proposées par des entrepreneurs et les soutenir pour tester, prototyper et développer leurs propositions.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Aller plus loin

Rubriques
Science et Environnement