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La goélette Tara a quitté Lorient, son port d'attache,  dimanche 19 mai en début d'après-midi, saluée par quelques centaines de personnes et arrosée par un inévitable crachin. L'aventure scientifique de sept mois autour de l'océan Arctique de 25.000 km empruntera les passages du Nord-Est et du Nord-Ouest. La mission réunira biologistes et océanographes et s'intéressera à la biodiversité planctonique en Arctique ainsi qu'à d'autres problématiques propres à cette région sensible aux changements climatiques, à un moment où l'on assiste à une fonte accélérée de la banquise arctique en été.

Le capitaine l'assurait peu avant le départ : "on est prêts !" A bord du Tara, entre le matériel qui cherche encore sa place et les équipes qui s'activent en tous sens, le visiteur a plutôt intérêt à regarder où il met les pieds. "Cette fois, on a tout prévu pour cinq mois, quand, avant, on évacuait et ravitaillait tous les trois mois. L'exploit, aujourd'hui, c'est vraiment de tout pouvoir caser : on stocke de la nourriture partout, dans le carré, sous les bannettes... C'est un vrai casse-tête !", lance Loïc Valette, capitaine du Tara pour cette expédition. Ce "Tara Oceans Polar circus" est le prolongement du précédent (2009-2012) et boucle l'ambition de collecter du plancton sur toutes les mers du monde. Seul l'Océan indien manquait, pour l'instant, à la liste. A quelques jours du départ, alors que la course contre la montre s'accélère, l'homme prend les choses avec un flegme assez étonnant. "On a beaucoup appris de la précédente expédition. Sur tous les plans, on est mieux préparé".

Première en Arctique


 

Le navire lui-même a bénéficié d'un sérieux coup de neuf depuis son retour à Lorient, en avril 2012. "En fait, on a tout amélioré. Et, surtout amené le chauffage pour s'adapter aux conditions plus fraîches de cette expédition, et maintenir hors gel le labo, la nourriture et la caisse d'eau douce". En Arctique, l'équipage de 14 membres (cinq membres d'équipages et des scientifiques internationaux) devra se coltiner des températures descendant jusqu'à - 10 ºC. Loïc Vallette n'a jamais navigué sur ces mers. "Ça fait un an qu'on le prépare, et le bateau est adapté à ce type de navigation. Je ne suis pas inquiet, même s'il fera froid, que le rythme biologique sera bouleversé. Après, il y a les glaces, il faudra donc être prudent. Le plus pénible, et dangereux, ce ne sont pas les icebergs, mais les "growlers", gros bouts de glace qui dérivent entre deux eaux. Ça, c'est redoutable. Mais le tout est d'être vigilant".

 

"Pas une partie de plaisir"


 

Cette veille sera facilitée, en début de périple, par le jour permanent. Ce sera plus dur ensuite, avec la nuit, des températures négatives et des conditions musclées. "Dans le Sud Groënland, on aura vraiment de la mauvaise mer : même si la dépression est avec nous, ce ne sera pas une partie de plaisir". La fenêtre de passage du Tara, avant que la glace ne se reforme, décidera en partie de la route empruntée. Et dans ce dessein, les intérêts du capitaine et ceux des scientifiques embarqués pourraient parfois diverger. "On s'adaptera aux conditions", prévient le capitaine. "Après, il y a des incontournables pour eux, notamment dans les eaux russes, où personne n'a jamais réalisé de telles recherches. Dans ce cas, on pourra s'arranger, quitte à faire un stand-by météo si nécessaire". Sur place, la règle du jeu sera simple : prélever quand il fait beau, avancer quand ça souffle. Avec un souhait, pour le capitaine : "Faire le maximum de voile, parce que c'est quand même mieux que le moteur ! Après, ça dépendra aussi de la densité des glaces, car on ne se lancera pas non plus dans un slalom géant à voile...".

 

Un article de la rédaction du Télégramme

 

 

75346 départ Tara
© LE TELEGRAMME

Départ de Tara (LE TELEGRAMME)

 

75347 départ Tara
© LE TELEGRAMME

Départ de Tara (LE TELEGRAMME)

 

 

 

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Science et Environnement