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La goélette scientifique Tara a quitté Lorient samedi 12 décembre pour une nouvelle expédition de presque deux ans autour du microbiome, ces micro-organismes marins à la base de la chaîne alimentaire mais qui sont aussi des éléments fondamentaux de la pompe à carbone océanique. Cette expédition va emmener le voilier dans 23 pays différents, de l’Atlantique Sud à l’Antarctique ou encore aux côtes africaines. 80 chercheurs, français et étrangers, vont se succéder à bord pour échantillonner et analyser cette vie microscopique (virus, bactéries, protistes…) cruciale dans la compréhension des grands équilibres de la vie marine. Et également dans l’étude du changement climatique et de la pollution globale.

« Avant on s’intéressait à qui était où parmi ces espèces et qui interagissait avec qui, maintenant on veut comprendre leur fonctionnement, leur état métabolique et leurs caractéristiques environnementales », a détaillé, lors d’une conférence de presse à laquelle Mer et Marine a assité, Daniele Iudicone, chercheur à la station zoologique Anton Doher de Naples et coordinateur de la mission microbiome d’Atlanteco. Ce dernier est un projet scientifique, financé par l’Union européenne, réunissant des chercheurs européens, sud-américains et sud-africains et visant à une meilleure connaissance de l’écosystème de l’océan Atlantique.

 

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© EMILIE HERVE

Tara, juste avant son départ de Lorient (© EMILIE HERVE)

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© EMILIE HERVE

Tara, juste avant son départ de Lorient (© EMILIE HERVE)

 

« Ce que nous voulons, c’est comprendre comment le microbiome répond aux changements de température, de nutriments, de pollution. Pour cela, nous avons mis en place une nouvelle stratégie d’échantillonnage qui va nous amener dans de nombreux écosystèmes différents : les côtes chiliennes pour voir l’influence de la fonte des glaciers de Patagonie, l’Amazone et les grands fleuves africains pour voir comment l’arrivée de nutriments charriés impacte la pompe à carbone, la mer de Wedell qui est la fenêtre la plus importante entre l’atmosphère et l’océan profond, l’océan austral dans lequel les icebergs transportent du fer qui favorise des floraisons… » poursuit le scientifique italien. Pour échantillonner, les scientifiques vont utiliser les outils et filets à bord de Tara qui ont été perfectionnés et adaptés au cours des dernières expéditions, notamment lors de la récolte de plancton. « Cette nouvelle expédition dans l’océan côtier s’inscrit dans un compagnonnage de dix ans entre le CNRS et Tara, durant lesquels des découvertes scientifiques remarquables et de nombreuses publications ont eu lieu », souligne Antoine Petit, président du CNRS.

 

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© TARA OCEAN

 

A Lorient, l’équipage a préparé le bateau à cette nouvelle expédition au long cours dont le départ a dû être reporté en raison de la pandémie. « On a beaucoup hésité à lancer la mission. Et finalement, on a décidé d’y aller en mettant en place un protocole très strict », dit Romain Troublé, directeur général de Tara Océans. « Ce départ, c’est le résultat de cinq mois de préparation, à la fois technique et scientifique, dans le cadre de la pandémie », confirme Samuel Audrain, un des deux capitaines de la goélette. Avant de s’élancer samedi vers l’Atlantique sud, les marins et les scientifiques ont tous observé une quarantaine. Et la traditionnelle fête populaire qui accompagne habituellement chaque départ de la goélette a été remplacé par un évènement virtuel. « Malgré le Covid, nous avons confiance dans le bon déroulement de cette mission », rassure Romain Troublé. La science continue.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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