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La campagne céréalière 2020/2021 a pris fin le 30 juin. Les premiers bilans restent mitigés. La Chine a dominé les flux. Un article d'Hervé Deiss de Ports et Corridors

De Dunkerque à La Rochelle en passant par Rouen, les chiffres de la campagne céréalière n’ont pas été aussi catastrophique que les premières estimations le laissaient penser. Pourtant, dès le mois de juillet 2020 et les premières récoltes, la baisse de la production céréalière en France a fait craindre le pire. La campagne 2020/2021 se comparait à celle de l’année précédente qui a affiché des chiffres records.

2,2 Mt exportées

À Dunkerque, Nord Céréales affiche un trafic de 2,2 Mt exportées. Pour les responsables de l’entreprise nordiste, « cette petite récolte à l’échelle nationale, s’est néanmoins orientée au grand export et avec des prix rémunérateurs pour les agriculteurs. »

Le blé représente le principal flux à l’export avec 1,5 Mt. Les orges viennent ensuite à 578 634 t et les orges de brasserie ferment la marche avec 32 766 t. Des flux qui ont été surtout destinés vers la Chine. L’Empire du milieu a chargé 74,1% des céréales du GPM de Dunkerque. Elle représente 1,6 Mt chargées au cours de la campagne. L’Algérie vient en seconde position avec 315 000 t.

Un trafic réalisé à 55% par voie fluviale

Port d’exportation, l’opérateur céréalier installé dans la circonscription du GPM de Dunkerque est aussi actif dans les importations. Sur la campagne passée, il a importé 177 397 t de maïs, 32 905 t de blé, 18 446 t de pellets de bois et 3 138 t de féverole.

L’ensemble du trafic réalisé par Nord Céréales s’est réalisé majoritairement par voie fluviale. Avec 1,2 Mt traitées, le fluvial pèse 55% des trafics de l’opérateur céréalier. La route entre en deuxième position avec 39% des flux et le ferroviaire ferme la marche avec 6%, soit 117 167 t.

Haropa entre pour 50% des exportations céréalières françaises

Les trafics céréaliers du GPM de Dunkerque, troisième port céréalier français, ne viennent pas concurrencer celui de Haropa qui conserve, sur la campagne, sa pole position. Haropa a traité sur la campagne passée 6,4 Mt. En volume, les installations du cluster portuaire séquanien ont traité plus de 50% des exportations françaises, indique Haropa Port.

Une comparaison avec une campagne record

Les chiffres de la campagne 2020/2021 se comparent avec un exercice 2019/2020 record sur les quais de la Seine avec 9,9 Mt. Sur ce total, le blé tendre représente 4 ,6 Mt et les orges 1,82 Mt. Cette baisse conséquente s’explique par une récolte nationale 2020 en recul de 26% pour le blé à 29 Mt, la production d’orges (brassicole et fourragère) accusant, elle, un retrait de 24 %. Cependant, l’hinterland de Rouen a une nouvelle fois enregistré une bonne qualité des céréales à la récolte.

La Chine, première destination

L’appétit de la Chine en céréales a profité aux installations rouennaises. Au même titre qu’à Dunkerque, l’Empire du milieu est devenu la première destination des opérateurs rouennais. Selon les chiffres publiés par Haropa Port, les flux vers la Chine ont pesé 2,2 Mt. La nécessité de reconstituer les stocks en pleine pandémie mais aussi le besoin chinois de trouver d’autres origines que l’Australie expliquent cet intérêt pour les céréales françaises. La Chine connaît un différend diplomatique et économique avec l’Australie en raison de déclaration du gouvernement. Le malheur australien a fait le bonheur des céréaliers français.

L’Algérie et le Maroc en baisse

Avec la forte demande chinoise, l’Algérie, traditionnellement première destination des céréales françaises, a vu ses trafics perdre 60% à 1,5 Mt. L’appétit chinois n’est pas la seule cause puisque l’Algérie a décidé de se tourner vers des approvisionnements en provenance de Mer noire. Autre recul des sites de Haropa Port, le Maroc a perdu 55% à 0,9 Mt.

Bonne tenue des destinations ouest africaines

En Afrique, si l’Algérie et le Maroc perdent du terrain depuis les quais des ports séquaniens, la Côte d’Ivoire a fait, sur la campagne 2020/2021 un grand retour. Le pays de la côte ouest africaine a importé 248 000 t depuis les silos rouennais. « Il s’agit du meilleur résultat à l’export pour ce pays enregistré depuis la campagne 2006-2007 », indique Haropa Port. Sur la côte ouest africaine, le Cameroun conserve un flux stable avec un total de 222 000 t. Au final, les pays de la côte ouest africaine ont plébiscité la qualité du blé français avec un total de 982 000 t depuis Rouen. « Cela représente l’un des meilleurs chiffres à l’export sur cette région depuis la campagne 2007-2008 », continue Haropa Port.

Rouen: plate-forme d’importation

Outre son activité à l’exportation, la plate-forme rouennaise intervient aussi à l’import. En effet, sur la campagne, le port de la Seine a importé 55 000 t de colza pour produire du diester. Ces flux entrants interviennent en raison de la baisse de la production française. Les importations pallient le manque de production nationale.