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Un peu plus de six ans après avoir pris la barre de Chantier Naval de Marseille, Jacques Hardelay a démissionné de ses fonctions de président. Il a officiellement quitté son poste dans la soirée du 10 novembre, cinq jours après avoir annoncé sa décision aux salariés lors d’un Comité social d’entreprise. Ce départ volontaire fait suite à une reprise en main de CNdM par son actionnaire principal, le groupe italien San Giorgio del Porto, qui semble estimer que les résultats de l’entreprise ne sont pas à la hauteur de ses attentes. Dans cette perspective, Gênes avait installé cet été l’un de ses hommes à Marseille, Gustavo Cappa Bava. La cohabitation avec Jacques Hardelay n’aura pas duré longtemps.

Ce changement soudain a évidemment créé de la surprise à Marseille. Car le bilan de Jacques Hardelay apparait bon et le chantier a résisté à la crise sanitaire. Moribonde à la fin des années 2000, la réparation navale lourde dans les bassins phocéens a même retrouvé de belles couleurs ces dernières années. Repris par San Giorgio en 2010, le chantier, au capital duquel l’armateur italien Costa est entré à hauteur de 33% en 2017, a vu son chiffre d’affaires annuel passer durant cette période de 20 à plus de 50 millions d’euros. Pour y parvenir, comme l’ont voulu San Giorgio et Costa, d’importants investissements ont été consentis dans l’outil industriel, le port de Marseille-Fos a aidé à la remise en service de la gigantesque forme 10, la paix sociale a été obtenue et la politique commerciale relancée, notamment sur le marché de la croisière, où CNdM a sensiblement développé son activité depuis cinq ans. La transformation s’était même accélérée ces deux dernières années, le chantier profitant de la période creuse du Covid pour se réorganiser, optimiser ses process, poursuivre sa modernisation et accroitre les efforts en matière de formation du personnel. D’où la stupeur des 150 salariés et de la place marseillaise à l’annonce de la démission de Jacques Hardelay. Ce dernier, nommé « président d’honneur » du chantier, n’a plus de fonctions opérationnelles mais a cependant accepté de continuer à accompagner l’entreprise, en particulier son nouveau président, Pierenrico Beraldo. Neveu du grand patron de San Giorgio, ce dernier connait bien CNdM puisqu’il y avait travaillé dès sa reprise par le groupe italien en 2010 et en avait assuré, de 2014 à 2016, la direction générale, juste avant l’arrivée de Jacques Hardelay.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs. 

 

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