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La logistique du charbon connaît, en Chine, des difficultés. Les autorités privilégient les trafics conteneurisés et refusent de voir les stocks de charbon d’accumuler. En Russie, les ports d’Extrême-Orient sont à l’arrêt en raison du froid. Un article de la rédaction de Ports et Corridors.

Le charbon a toujours la cote, malgré l’état du réchauffement climatique. Après la COP 26 de Glasgow, les annonces des gouvernements ne se mettent pas en place de suite. Dès la fin du mois de novembre, les températures en Europe de l’Ouest ont fortement chuté. Si le parc nucléaire a pu répondre partiellement aux besoins d’électricité, les centrales thermiques ont été appelées à la rescousse. Tant et si bien que le site de Contemporary Analytical Agency estime que le taux d’utilisation des centrales thermiques en Allemagne a atteint le seuil de 80%.

Richard’s Bay à un niveau plancher

Du côté des producteurs, l’Afrique du Sud voit le prix de son charbon progresser fortement. Néanmoins, les difficultés d’acheminement ferroviaire entre le port de Richard’s Bay et la région des mines ont eu raison des stocks sur le port. Avec 2 Mt, le port sud-africain est à la limite de son plancher pour approvisionner une demande croissante de l’Inde.

La Russie interdit le charbon vers l’Extrême-Orient

En Australie, des manifestations contre le charbon ont sérieusement désorganisé la logistique ferroviaire depuis la région des mines vers le port de Newcastle. Des événements qui sont venus empirer la situation ferroviaire difficile en raison des fortes pluies survenues dans la région de Hunter Valley. Enfin, le charbon russe subit aussi des désagréments climatiques. Le froid survenu en Extrême-Orient et en Baltique a amené le gouvernement à interdire les trafics de charbon vers le port de Vanino. Avec plus de 35 trains dans l’incapacité d’être déchargés en raison du froid dans le port russe. L’autre port d’exportation du charbon, Ust Luga, en Baltique, connaît le même sort avec plusieurs trains abandonnés et l’impossibilité de décharger dans le terminal.

Chine: interdiction d’importer des non-conteneurisés

Du côté des consommateurs, la Chine, principal importateur de charbon, a imposé des restrictions pour les importations en provenance de Russie pour tout ce qui n’est pas conteneurisé. En effet, dans le port de Manzhouli, à la frontière entre la Russie, la Chine et la Mongolie, un premier cas de Covid a été révélé le 27 novembre. Dans le cadre de sa politique « zéro tolérance » face au Covid, le gouvernement chinois a décidé d’interdire toute importation qui ne serait pas conteneurisée. Une mesure qui touche le charbon, le bois, les engrais et tous les produits en vrac. En effet, les autorités chinoises supposent que la contamination a été faite par des marchandises en vrac.

Limitation des importations mongoles

Or, cette région septentrionale de la Chine entre parmi les principales consommatrices de charbon en raison de son climat continental. Le port de Mazhouli fermé, toute la production d’origine russe destinée à cette région est, depuis le 1er décembre, arrêtée. Avec plus de 18% de charbon chinois importé de Russie, la situation pourrait empirer. Le gouvernement de Pékin veut éviter de voir une nouvelle vague de Covid dans le pays. Il a aussi limité les importations depuis la Mongolie à raison de 200 camions par jour.

Le rebond du Baltic Dry Index

Ces errements logistiques pour le charbon se sont répercutés directement dans les indices des taux de fret. Le Baltic Dry Index a repris des couleurs depuis le 20 novembre. En effet, il est passé de 2421 points le 17 novembre à 3115 points le 3 décembre. Après avoir enregistré une baisse importante en octobre et novembre, le marché des vracs secs s’offre un nouveau rebond. Ce regain a été principalement tiré par les navires de type Panamax qui ont gagné plus de 200 points depuis le début de la semaine.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.