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Spécialisé dans les bateaux traditionnels, le chantier du Guip, à Brest, a connu une semaine exceptionnelle avec la remise à l’eau coup sur coup de deux bateaux exceptionnels : un ancien canot de sauvetage et une goélette.

Le premier est le Patron François Morin, un vieux canot tout temps déclassé de la SNSM datant de 1960. Cette embarcation, qui a reçu le label «Bateau d'intérêt patrimonial» (BIP) de la Fondation du patrimoine maritime et fluvial en 2008, fait également l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques depuis septembre 2010. Sous l’œil vigilant de Yann Mauffret, le patron du Guip, qui dirigeait la manœuvre, le canot a été remis à l’eau mardi 26 juin après un hivernage et une toilette annuelle. Il devrait maintenant rejoindre Ouessant pour effectuer des promenades sur la route des phares en mer.

 

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© MICHEL FLOCH

Le Patron François Morin remis à l'eau (© MICHEL FLOCH)

 

Le même jour, un autre bateau retrouvait son élément au quai du Commandant Malbert, après une magnifique restauration dans la nef du chantier brestois. Après 20.000 heures de travail, la Séverine est redevenue un vrai bijou pas loin d’un an après son arrivée au Guip, qui l’avait accueillie dans un piteux état.

 

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© MICHEL FLOCH

Séverine à son arrivée au Guip l'an dernier (© MICHEL FLOCH)

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© MICHEL FLOCH

Séverine à son arrivée au Guip l'an dernier (© MICHEL FLOCH)

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© MICHEL FLOCH

Séverine après restauration, juste avant la remise à l'eau (© MICHEL FLOCH)

 

Construite en 1993 par le chantier néerlandais De Vries d'après des plans réalisés en 1927 par l'architecte américain John Alden, de Boston, ce voilier, initialement nommé Petite Lande, est une réplique d'une  goélette aurique inspirée des goélettes de pêche morutière du Maine et de la Nouvelle-Écosse.

Désormais, c'est un espagnol qui en est le propriétaire et l'a confiée au chantier du Guip pour la restaurer. La coque est en aluminium, ce qui était aussi le cas de l’ancien pont, reconstruit en bois mais toujours recouvert de teck. Le navire a été complètement rénové, les roofs avec 12 couches de vernis, les boiseries intérieures et les cabines refaites à neuf et ornées de panneaux de sycomore. Mais en plus, le Séverine est dotée des toutes dernières technologies dont un bus CAN (Control Area Network), solution de communication série identique à celle des automobiles modernes. Tous les appareils électriques et électroniques du bord sont reliés à ce câble qui va de l'avant à l'arrière du bateau et leur permet de communiquer entre eux. L’installation a été réalisée par le chantier lui-même, qui compte désormais un département Technique embarquée. En fait, tout, à bord de Séverine est neuf, de l'accastillage jusqu'au moteur (un Volvo).

Jusqu'au dernier moment, le personnel du Guip a travaillé sur le bateau, pour installer le propulseur d'étrave, effectuer des retouches d'antifouling ou donner un coup de chiffon.

 

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© MICHEL FLOCH

Dernières retouches avant la remise à l'eau (© MICHEL FLOCH)

 

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© MICHEL FLOCH

Sortie de la nef (© MICHEL FLOCH)

 

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© MICHEL FLOCH

La mise à l'eau (© MICHEL FLOCH)

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© MICHEL FLOCH

La mise à l'eau (© MICHEL FLOCH)

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© MICHEL FLOCH

La Séverine remâtée (© MICHEL FLOCH)

 

Peu après 16h30 mardi, les 25 tonnes de la goélette, délicatement manutentionnée par une grue, ont touché l'eau. L'épouse du propriétaire a ensuite brisé la traditionnelle bouteille de champagne sur la proue, pendant que l'Abeille Bourbon toute proche saluait l'événement par de longs coups de sirène. Séverine gagnera le Antilles d'ici une quinzaine.

Quant au Guip, il sortira bientôt  Pen Duick, encore en travaux au chantier. 

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