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Le 9 septembre, le port de Calais a inauguré son nouveau terminal transmanche. Destiné à accroître sa capacité de transport, ce terminal se veut évolutif pour répondre à l’augmentation de la taille des navires. Un article d'Hervé Deiss de Ports et Corridors

La construction d’un nouveau terminal dans un port français n’est pas chose fréquente. Depuis avril 2006, et l’inauguration de Port 2000 au Havre, il n’y a pas eu de nouveaux terminaux dans les ports hexagonaux. Avec l’inauguration le 9 septembre du nouveau port de Calais, le compteur revient à zéro. Il faudra attendre le 4 octobre pour que ce terminal entre en service.

Six passerelles en tout

Ces trois nouveaux postes, les postes 10, 11 et 12, augmentent la capacité de chargement. Ils viennent compléter les postes du port actuel. Les cinq passerelles du port actuel seront partiellement conservées. Deux de ces passerelles seront détruites. Désormais, Calais disposera de six passerelles, trois dans le port actuel et trois dans le nouveau port. Le bassin du nouveau port offre une zone de 90 hectares. De plus, 65 hectares de terre-pleins dont 45 hectares gagnés sur la mer agrandissent la capacité d’accueil.

Un projet croqué en 2003

« Ce projet a été initié pour répondre à une demande d’une forte croissance du trafic fret au début des années 2000 », a déclaré Jean-Marc Puissesseau, président de la SEPD, Société d’exploitation des ports du Détroit. En effet, en 2003, alors président de la CCI du Nord Pas de Calais, Jean-Marc Puissesseau assiste à une réunion avec la Région pour répondre aux prévisions des économistes sur le trafic entre le continent et la Grande-Bretagne. La légende veut que le président de la SEPD aurait griffonné un croquis pour expliquer son projet. Un croquis aujourd’hui concrétisé avec les installations inaugurées le 9 septembre.

Un port évolutif

L’objectif des responsables du port au cours des années a été de créer une nouvelle infrastructure évolutive. Déjà, en juin 2016, quand les Britanniques votent pour une sortie de l’Union européenne, il a fallu intégrer cette donnée dans le futur port. « Nous avons anticipé certaines choses, explique Laurent Devulder, directeur général de la SPD (Société des Ports du Détroit). Nous avons évité d’avoir des bâtiments dans les espaces pour les flux, nous avons augmenté le nombre de bâtiments pour les activités régaliennes et des aubettes pour les services de contrôle. Ce projet permet une bien meilleure gestion du Brexit en termes de flux ».

Les ferries de prochaine génération

Autre élément à prendre en compte, il a fallu intégrer dans ce projet son caractère évolutif. La prochaine génération de ferries devrait afficher des longueurs de 250 m. Or, pour accueillir ces navires, il a fallu construire dès aujourd’hui des installations plus grandes. « Pensez-vous que si nous n’avions pas réalisé ce projet, des unités comme le dernier-né de DFDS, le Côte d’Opale, pourraient assurer des escales dans le port ? », interroge le président de la SEPD. P&O Ferries et Irish Ferries devraient suivre le mouvement.

D’un port bimodal à un port multimodal

Ce nouveau port intègre aussi la dimension ferroviaire. « Calais est passé d’un port bimodal à un port multimodal », a rappelé le coordinateur du corridor Mer du Nord-Méditerranée, Peter Balazs. Depuis 2015, le port a investi dans un terminal d’autoroutes ferroviaires. Ce terminal assure des liaisons pour des remorques non accompagnées vers l’Espagne, l’Italie et le sud-est de la France, opérée par VIIA. Un second terminal d’autoroutes ferroviaires sera inauguré fin septembre. Opéré par CargoBeamer, il étoffera l’offre de Calais.

Miser sur le non accompagné

Le transport de remorques non accompagnées représente un potentiel de développement important pour le port septentrional. En juillet, la compagnie maritime DFDS a ouvert une ligne entre Calais et Sheerness, à l’embouchure de la Tamise. En créant sur le port un parking de 13 hectares dédié à ces remorques, Calais mise sur ce concept pour les prochaines années.

Un soutien politique

Souvent critiqué, ce projet de nouveau port à Calais est aujourd’hui perçu comme une nécessité par les responsables politiques et économiques de la région. Position la plus proche de la Grande-Bretagne, Calais devait confirmer son ambition portuaire avec ce projet. « La ville de Calais a toujours été une ville-frontière. Ce port est une idée de notre ambition portuaire », a indiqué Natacha Bouchart, maire de la ville de Calais. « Et dans l’équipe de l’actuel président de la Région, Xavier Bertrand, Calais 2015 permet d’asseoir notre littoral comme un acteur portuaire majeur européen ».

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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