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Cette année, le port ligérien n'accueillera que 5 navires de croisière, soit 2228 passagers et 977 passagers. Par rapport aux années précédentes, la baisse est significative, puisque 8 bateaux étaient venus en 2009, pour 2790 passagers et 1480 membres d'équipage, alors que 6 escales étaient enregistrées en 2010 dans le port ligérien (3874 passagers et 2495 membres d'équipage), dont deux réalisées par le MSC Magnifica. Le grand paquebot, fraîchement livré par STX France, avait profité de sa sortie de chantier pour réaliser deux croisières pré-inaugurales et, à lui seul, embarquer 2000 passagers. « Nous ne sommes pas en tête de liste des ports d'escale », reconnait-on au Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire. « Il y a notamment la problématique de la Loire, qu'il faut remonter jusqu'à Nantes. C'est un très beau trajet mais cela prend 4 heures, soit 8 heures aller-retour ; et il faut composer avec les marées. Or, les armateurs ne veulent pas rester longtemps dans les ports ». Alors que les compagnies sont soucieuses de réduire les temps de transit entre deux escales et préfèrent les ports en eaux profondes pour des questions de commodités, Nantes est aussi confronté à l'envasement de son port historique. Pour que les paquebots puissent accéder au quai Wilson, situé près du centre-ville, il est nécessaire d'entretenir la souille. Et cette opération, qui a un coût, pose aussi des problèmes de disponibilité. Ainsi, en avril dernier, la drague qui devait refaire la souille a été mobilisée en urgence au niveau des terminaux de Montoir-de-Bretagne. Du coup, le Discovery n'a pas pu accéder au quai Wilson. Le Discovery à Nantes en avril (© : GPMNSN - ANDRE BOCQUEL) Le Discovery à Nantes en avril (© : GPMNSN - ANDRE BOCQUEL) Plusieurs points d'escale Le GPMNSN a néanmoins pu proposer une solution de repli, en faisant s'amarrer le navire de 168 mètres au poste 2 du terminal de Cheviré, situé à l'entrée de Nantes, juste avant le grand pont éponyme enjambant la Loire. Les 700 passagers du Discovery ont, ainsi, pu profiter de leur escale pour découvrir Nantes et, en excursions, Guérande et le vignoble nantais. « C'est une solution de secours mais d'un point de vue pratique, le terminal de Cheviré offre beaucoup d'avantages. Il peut, en effet, accueillir des navires allant jusqu'à 198 mètres avec quasiment aucun dragage à réaliser puisqu'à cet endroit là, il y a très peu de sédiments. A Cheviré, nous pouvons proposer les mêmes prestations qu'à Wilson. Le terminal répond aux normes de sûreté ISPS, on peut installer des passerelles, mettre en place des navettes pour rejoindre le centre-ville ou améliorer l'esthétique du quai en installant par exemple des fleurs et plantes ». Si le quai Wilson est privilégié par les armateurs, car il se trouve en centre-ville, le terminal de Cheviré bénéficie d'accès routiers très intéressants, car situé en bordure du périphérique nantais. Ainsi, la majeure partie des passagers , qui effectue des excursions lors de l'escale, évite les aléas de la circulation inhérents à tout centre-ville d'une grande métropole. Et se rendre directement sur Guérande, vers le vignoble ou, via l'autoroute, vers les châteaux de la Loire. Le développement d'une activité croisière à Cheviré est donc une piste de travail intéressante, même s'il n'est pas question, pour l'heure, de délocaliser les escales de Wilson. Le développement du potentiel de Saint-Nazaire est aussi intéressant, cette partie du port étant en eau profonde, accessible directement depuis la mer et située à proximité immédiate des sites localisés sur le littoral. L'ex-Prince Albert II, désormais Silver Explorer à Nantes (© : GPMNSN - ANDRE BOCQUEL) Le Funchal devant le pont de Saint-Nazaire (© : GPMNSN - ANDRE BOCQUEL) Une place riche historiquement et culturellement Bien que la croisière semble peiner à prendre son envol le long des rives de la Loire, notamment pour des raisons d'accès nautiques, les acteurs locaux continuent de se mobiliser pour développer cette activité. A cet effet, l'association pour l'accueil des paquebots à Nantes mène de nombreuses actions de promotion. Soutenue par le Conseil régional des Pays de la Loire, le Conseil général de Loire-Atlantique, la Communauté urbaine de Nantes et le GPMNSN, l'association présente notamment les atouts touristiques de la métropole ligérienne lors des grands salons internationaux. Il faut dire que la région ne manque pas d'atouts culturels et historiques. De la presqu'île guérandaise avec sa cité fortifiée au château des ducs de Bretagne, en passant par les châteaux de la Loire, dont les premiers sont accessibles en moins de deux heures, ou encore les nombreux musées et sites culturels, comme Escal'Atlantic à Saint-Nazaire, où l'on peut découvrir l'épopée des paquebots transatlantiques... Les excursions et visites proposées sont très nombreuses. Et, si les accès au port de Nantes sont contraints par les marées et les tirants d'eau, ceux de Saint-Nazaire sont beaucoup plus aisés. La forme Joubert ou le terminal de Montoir-de-Bretagne permettant notamment d'accueillir de grandes unités, comme ce fut le cas l'année dernière avec le MSC Magnifica ou l'an prochain, avec le MSC Divina. Ce navire de 333 mètres et d'une capacité de plus de 4300 passagers embarquera d'ailleurs ses premiers croisiéristes à Saint-Nazaire, en mai 2012, pour une traversée pré-inaugurale à destination de Marseille.

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© GPMNSN - ANDRE BOCQUEL
Le Delphin au terminal de Montoir, en 2009 (© : GPMNSN - ANDRE BOCQUEL) Le MSC Magnifica appareillant de Saint-Nazaire en février 2010 (© : MER ET MARINE)

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