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C’est la principale actualité de ce jeudi 19 janvier en France et ce sera la seule traitée dans cette édition quotidienne de Mer et Marine. La journée devrait être marquée par une forte mobilisation à travers tout le pays dans le cadre du mouvement national contre la réforme des retraites. Un appel à la grève a été lancé dans tous les secteurs, le public comme le privé, par les huit principales organisations syndicales françaises (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU) pour protester contre le projet de loi visant à fixer l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Et il sera, comme ailleurs, suivi dans le milieu maritime.

Selon les responsables syndicaux interrogés par Mer et Marine, cet appel des centrales a été relayé dans toutes leurs sections maritimes et on peut donc s’attendre à un impact dans le secteur portuaire et maritime, ainsi que  la construction navale.

La navale rejette en bloc la réforme  

Pour cette dernière, comme au niveau national, c’est l’unité qui prévaut chez tous les syndicats, notamment au sein des deux principaux acteurs de cette industrie. « Un appel à cesser le travail et à rejoindre le mouvement interprofessionnel et intersyndical a été lancé. On constate beaucoup d’interrogations et de craintes face à cette réforme, qui n’est pas comprise et donc pas acceptée, car elle est injuste. Même des gens qui n’ont jamais fait grève disent qu’ils vont rejoindre le mouvement », explique un responsable syndical de Naval Group, qui dit espérer « une réponse forte » au projet du gouvernement. Aux Chantiers de l’Atlantique aussi, on se préparait hier à débrayer et rejoindre les cortèges contre la réforme des retraites. « Comme dans l’autres industries, nous sommes bien placés dans la navale pour savoir que dans nombre de métiers, travailler au-delà de 60 ans c’est déjà très difficile. Alors aller jusqu’à 64 ans c’est aberrant, surtout quand on voit de plus en plus de gens se retrouver en fin de carrière avec des invalidités, des incapacités », souligne un représentant du personnel à Saint-Nazaire.

Les ports et docks particulièrement concernés

Du côté des places portuaires, une très forte mobilisation est attendue. La Fédération nationale des ports et Docks CGT (FNPD-CGT) a appelé l’ensemble des ouvriers dockers et portuaires à rejoindre le mouvement national de grève. Pour mémoire, ces derniers ne bénéficient pas de régime spécial mais d’une possibilité de départ, prévue par la convention collective, anticipé de quatre ans par rapport à l’âge légal de la retraite pour pénibilité. Un déplacement de l’âge légal de la retraite aurait donc mécaniquement un impact sur cette disposition spécifique.

Dans les raffineries et dépôts pétroliers également, nombre d’entre eux étant situés dans les enceintes portuaires ou proximité, le mouvement devrait être très suivi.

La retraite des marins ne devrait pas être épargnée par la réforme

En ce qui concerne la marine marchande et la pêche, il s’agit d’un mouvement de solidarité puisque le régime spécial de l’ENIM n’est pas concerné par le projet de réforme. Si cela avait été la crainte il y a quelques années, le système de pension des navigants, qui partent à la retraite à 55 ans, est un de ceux qui devraient être exclus du régime général aux côtés d’autres secteurs spécifiques comme par exemple la Comédie Française ou l’Opéra de Paris. Les syndicats indiquent néanmoins rester vigilants puisque personne ne connaît encore le texte précis du projet de loi.

Les services maritimes portuaires devraient être impactés par des arrêts de service. Cela devrait être moins le cas au long cours.

Autre mouvement de grève lié au dumping social

Parallèlement, un autre mouvement social s’est tenu mercredi 18 janvier à l’initiative de la fédération nationale des syndicats maritimes CGT pour protester contre le dumping social. La date avait été décidée bien en amont du mouvement sur les retraites et c’est donc un hasard du calendrier que les deux mouvements se suivent. La CGT a mobilisé autour des questions de la concurrence déloyale au pavillon français. « Tous nos secteurs de navigation et armements sous pavillon français 1er registre sont attaqués ou menacés comme jamais ils ne l’ont été par la libre circulation et installation de navires sous pavillon international européen équivalent au R.I.F » déclare ainsi le syndicat. Les sujets d’inquiétude sont nombreux : le transmanche avec la présence de P&O et Irish Ferries, la Méditerranée où GNV et Corsica Ferries opèrent sous pavillon international italien, mais aussi les services portuaires ou encore la servitude à l’éolien offshore que le syndicat voudrait voir strictement réservée au pavillon national. Pour mémoire le gouvernement a promis à l’automne une loi pour lutter contre le dumping social mais, pour le moment, seule une charte volontaire a été présentée par le ministère de la Mer.  

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