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Le trafic conventionnel connaît ces derniers mois un regain. En conservant une activité dédiée à cette filière, Haropa Port garde sa diversité. Dans ce premier épisode de notre série sur les trafics des marchandises conventionnelles, nous nous attacherons à analyser l’évolution des trafics de colis lourds. Un article de la rédaction de Ports et Corridors

Parallèlement aux trafics conteneurisés et aux vracs solides et liquides, la filière des marchandises conventionnelles voit son périmètre se modifier continuellement. Bien avant que la conteneurisation ne gagne ses lettres de noblesse, les marchandises conventionnelles disposaient d’un marché important. Elles regroupaient, sous le vocable de marchandises diverses, tous les trafics qui n’étaient pas en vrac.

La « conteneurisation » des conventionnelles

L’arrivée du conteneur et la course au gigantisme des navires a incité les armateurs à étendre leur champ de prospection vers d’autres trafics. Pour remplir au mieux leur capacité, les armateurs ont su proposer des solutions à des trafics qui étaient auparavant transportés dans leur propre emballage ou directement à bord des navires. L’exemple qui a marqué les professionnels a été celui des fruits. Des armateurs ont construit des navires spécialement dédiés à ces trafics. La conteneurisation a su apporter des solutions régulières avec des conteneurs sous température contrôlée pour prendre la quasi-totalité de ce marché des fruits.

La « déconteneurisation » des diverses

Or, si depuis le milieu des années 90 le conteneur grignote inlassablement le trafic de marchandises conventionnelles, la tendance semble s’inverser. « L’engorgement des terminaux conteneurisés et le manque de capacité des navires incitent les donneurs d’ordres de conventionnelles à retrouver leurs anciens réflexes. Les armements spécialisés dans ces trafics enregistrent une augmentation depuis 2021 », explique un responsable de Haropa Port.

Des armateurs fidèles à Haropa Port

Les trois ports de Seine, Paris, Rouen et Le Havre, regroupés dans Haropa Port, constatent cette tendance d’un retour en grâce du trafic de marchandises diverses. Certains armements, à l’image de Bocs, BBC Chartering, Jumbo, SAL et Spliethoff ont continué à fréquenter les quais de Haropa Port ces dernières années même si le trafic de conventionnelles a connu des baisses.

Une filière aux flux divers

Du Havre à Paris en passant par Rouen, Haropa Port dispose d’un trafic de marchandises conventionnelles important. Sa composition est aussi diverse que son nom. Les principaux flux sont constitués par les colis lourds, les ronds à béton, les ferrailles, les tourets de câbles, la pâte à papier, des grumes de bois et encore des voitures d’occasion. Dans le décompte des filières entrant dans les conventionnelles, Haropa Port ne compte pas le trafic roulier qui constitue à lui seul un ensemble par ses particularités logistiques.

Hausse des trafics de colis lourds

En 2020, Haropa Port a enregistré un trafic de 1,4 Mt de marchandises conventionnelles. « Au cours de cette année, et en raison de la pandémie, les trafics ont subi un coup d’arrêt. Les premiers mois de 2021 démontrent de la reprise dans cette activité », indique un responsable de Haropa Port. Et parmi les premiers flux à avoir repris, celui des colis lourds enregistre une tendance à la hausse. La construction de l’usine Gamesa sur le site du Havre amène de nombreux navires de colis lourds pour la construction de l’usine. « Et ces flux vont connaître de nouveaux développements dès que l’usine sera achevée. Il est prévu que les éoliennes construites au Havre soient exportées sur les différents champs offshore et onshore. »

Les trafics du programme Ariane VI

Cette filière du colis lourd réalise déjà de nombreux flux à l’export. En effet, les engins pour le programme Ariane VI construits à Vernon sont acheminés jusqu’au Havre pour ensuite être embarqués sur les navires de la Maritime Nantaise à destination de la Guyane. L’arc antillais reste un secteur de prédilection pour les trafics de conventionnelles de Haropa Port. Marfret aligne depuis le mois de juin un nouveau navire sur cette liaison, le Marfret Niolon. Avec un départ par mois depuis Haropa Port, le navire emporte du matériel pour les îles de la Caraïbes. Au retour, il achemine des produits du BTP destinés au recyclage en métropole.

Afrique: mise en sommeil des projets miniers

Autre destination d’une partie de ces flux de conventionnelles, le continent africain a ralenti ses importations de matériel hors conteneurs. « Les taux de fret conteneurs sur l’Afrique n’ont pas subi les mêmes hausses que sur les lignes est-ouest, même s’ils ont enregistré des augmentations. Dans le contexte de la crise sanitaire, les flux de marchandises conventionnelles vers l’Afrique ont quelque peu ralenti. De nombreux projets miniers ont été mis en sommeil. » Avec la sortie de crise sanitaire, ces projets sont en cours de réactivation.

Des chargements de conteneurs et de conventionnelles

Pour être prêts à temps, des armements comme Bocs ont continué à assurer des liaisons régulières sur la côte occidentale d’Afrique avec des flux de malt et de céréales au départ de Haropa Port. L’armement de Brême a acheté une flotte de conteneurs pour répondre à des demandes exceptionnelles tout en gardant sa spécificité sur les diverses. Les navires de Bocs chargent des camions, des grues sur pneus ou encore des pilotines depuis les quais de Haropa Port vers l’Afrique de l’Ouest.

Nile Dutch MPV, la division spécialisée sur les conventionelles

Tout comme Bocs, Nile Dutch reste sur les rangs de la reprise du trafic de conventionnelles sur l’ouest africain. Racheté par Hapag-Lloyd cette année, Nile Dutch a conservé sa structure spécialisée sur les trafics de conventionnelles, Nile Dutch MPV. Les équipes sont désormais intégrées dans la structure Hapag-Lloyd. Si les navires qui étaient auparavant propriété de Nile Dutch ont été vendus, les équipes sont prêtes à remettre sur pied cette activité en affrétant des navires sur le marché.

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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