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Les constructeurs automobiles européens ont dressé la liste des effets du Covid-19 sur l’emploi de la filière. Dans leur sillage, les logisticiens souffrent. Un article d'Hervé Deiss de Ports et Corridors

Dans les années 60 et 70, un dicton français disant "quand l’industrie automobile va, tout va". Aujourd’hui, la filière automobile subi les effets du coronavirus comme une vague scélérate voire un tsunami. L’ACEA (European Automotive Manufacturers Association) a dressé le bilan à la fin du mois de mars de l’effet du Covid-19. Au total, elle a dénombré plus de 1,1 million de personnes désormais au chômage dans la filière. En France, l’association fait état de 90 000 employés touchés par les conséquences de la pandémie. La production perdue par l’industrie est estimée aux environs de 113 200 véhicules et 14 jours de fermeture des usines. Principal pays de production en Europe, l’Allemagne fait le plus les frais de cette crise. Plus de la moitié des employés européens impactés par les mesures de chômage sont basés dans outre-Rhin. Ils sont 568 518 touchés alors que la perte est de 359 287 véhicules pour la production allemande, avec 18 jours de fermeture des usines. Le second pays à être durement touché par la crise de l’industrie automobile est la France. L’ACEA dénombre 90 000 salariés touchés et 113 200 véhicules qui manquent à la production.

Baisse de 80% des ventes en Chine en février

En Chine, la production s’est contractée de 17% sur les deux premiers mois de l’année en raison de la crise sanitaire. Sur le seul mois de février, la baisse des ventes de véhicules dans l’Empire du milieu a perdu 80%  comparativement à février 2019. « Même si la Chine redémarre ses activités industrielles pendant le mois de mars, comme attendu, les baisses de ventes de véhicules dans d’autres régions du monde et notamment en Europe auront un effet sur les chaînes logistiques », estimait les responsables de ECG, European Car Group, organisation européenne des logisticiens automobiles au début du mois de mars. Selon les premiers chiffres diffusés par Ultima Media sur les prévisions de ventes de véhicules en 2020 avant que la crise sanitaire survienne, le marché de l’automobile devait connaître une diminution de 2,5% en Europe. Le Covid-19 n’a fait qu’accélérer cette tendance.

Maintenir les capacités

Les opérateurs logistiques spécialisés dans l’automobile ont tenté d’établir des prévisions sur les effets du coronavirus. Ils estiment la diminution du trafic aux environs de 15% en 2020. « Logisticiens et constructeurs automobiles doivent envisager de travailler ensemble s’ils veulent pouvoir faire face à la crise. Cela signifie qu’il faut maintenir la capacité de transport, les services pendant la crise pour être armé au sortir de ce phénomène », indiquent les responsables de l’organisation des logisticiens automobiles.

Toute la chaîne logistique de l’industrie automobile se trouve touchée. Depuis les armements opérant entre les lieux de fabrication jusqu’aux ports de destination, aux opérateurs portuaires, aux transporteurs terrestres et aux manutentionnaires. Toute l’industrie, logisticiens, transporteurs et fabricants, travaillent étroitement ensemble pour maintenir les capacités afin de répondre aux trafics quand la crise sera passée. Selon un responsable portuaire, il faudra du temps pour voir les chaînes logistiques se remettre en place. Ainsi, en France, les concessions disposent de stocks importants qu’il faudra écouler avant de pouvoir envisager d’approvisionner de nouvelles unités.

 

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