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De la réparation navale civile à Lorient. Un vieux dossier, régulièrement remis sur la table des négociations entre les collectivités locales et les professionnels de la place, avec notamment l’Interprofession du port de Lorient. Le port morbihanais dispose en effet d’un important creuset de personnels qualifiés puisque près de 1400 personnes travaillent actuellement dans la réparation navale.

Celle-ci est aujourd’hui concentrée sur le rond de Keroman, au cœur du port de pêche sur l’aire de réparation navale, gérée par la société d’économie mixte Lorient-Keroman, dont l’actionnaire majoritaire est l’agglomération de Lorient.  Elle a été équipée, au début des années 2000 - alors que Jean-Yves Le Drian était maire de Lorient, d’un élévateur permettant de soulever des navires d'un poids pouvant atteindre 650 tonnes. Un bel investissement qui a permis à Lorient de sécuriser sa place sur le marché de la réparation des bateaux de pêche et des petits bateaux de commerce. Mais qui a ses limites.

 

 

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© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ

L'élévateur du slipway de Keroman (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

 

La solution du bassin 2 de DCNS

 

 

« Nous sommes partis du constat qu’une centaine de navires entre 120 et 130 mètres de long effectuent environ 250 escales chaque année au port de commerce de Lorient », explique Phlippe Leblanche, directeur de l’Audelor, l’agence en charge du développement économique de Lorient Agglomération. « Il nous a, dès lors, paru cohérent de pouvoir proposer à ces navires une possibilité d’arrêt technique, dans le cadre d’une maintenance programmée ou de réparations ponctuelles. Ce serait à la fois une plus-value pour le port de commerce et pour la réparation navale lorientaise ».

 

L’infrastructure existe. Le bassin 2 de DCNS peut accueillir des navires jusqu’à 130 mètres. Il est actuellement inutilisé (DCNS a rénové son voisin, le bassin 3 pour la construction des FREMM). Et DCNS est d’accord pour le mettre à disposition, via un bail emphytéotique. Le bassin 2 n’est cependant pas en bon état, puisqu’il fonctionne avec un très vieux système de bateau porte, qui nécessite beaucoup de manutention et la mobilisation de deux remorqueurs.

 

 

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© DCNS

Le bassin 2 (DCNS)

 

 

Des travaux estimés entre 7 et 9 millions d'euros

 

 

« Nous venons de finir une étude technique, menée conjointement avec DCNS, pour les spécifications techniques, et les professionnels du port. Cela nous a permis de chiffrer les travaux, avec notamment l’installation d’une porte à clapet et d’un chemin de halage. Nous estimons ce coût entre 7 et 9 millions d’euros, pour une durée de travaux d’environ un an. »

 

Un investissement important, que seules les collectivités locales peuvent porter, même si des cofinanceurs privés sont évidemment bienvenus. « Ce type d’investissement est lourd et implique une vision à long terme prenant en compte des intérêts autres que financiers, notamment sur l’économie locale. Il doit pouvoir s’amortir sur plusieurs années, de manière à ce que l’on puisse proposer des tarifs d’utilisation correspondant au marché ». La maîtrise d’ouvrage du bassin 2 aurait donc vocation à être publique. « La région Bretagne est  en train de réaliser sa propre étude, qui devrait être terminée à la fin du premier trimestre 2014 ». 

 

 

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© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ

Le port de commerce de Lorient (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

 

La complémentarité avec Concarneau et Brest

 

 

Dans la proximité immédiate de Lorient, il y a Concarneau et Brest, tous deux équipés de capacités de réparation navale. Alors que le bassin concarnois de Piriou est plus petit que celui de DCNS, Damen fait figure de géant, sa plus grande forme brestoise mesurant 420 mètres de long pour 80 mètres de large. Sans oublier Saint-Nazaire, où Eiffel Industries peut utiliser plusieurs cales sèches, dont la forme Joubert (350x50 mètres). Par rapport à ses voisins bretons, Lorient n’entend pas jouer de la concurrence mais préfère évoquer une complémentarité. « Nous avons évidemment des armateurs locaux comme Compagnie Océane ou Scapêche qui sont intéressés par une solution lorientaise. Mais à l’échelle de la région, il faut travailler en complémentarité avec les autres ports. Il y a des tas de navires qui passent devant nos côtes régulièrement et qui ne s’arrêtent pas chez nous. Il faut que nous puissions devenir une région où ils viennent effectuer leurs arrêts techniques. Et chacun a sa carte à jouer pour cela ». 

 

En début d’année, Norbert Métairie, le maire de Lorient, avait fait de cette question une des priorités de 2013. A l’époque, Gérard Lahellec, vice-président de la région Bretagne en charge des transports, avait clairement indiqué que ces travaux « n’étaient pas une priorité » (des propos rapportés alors par nos confrères du Télégramme). Il semblerait que le dossier soit désormais reporté à 2014. Et que sa réponse viendra forcément de Rennes, siège du Conseil régional.

 

 

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