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Le port de Bayonne a terminé 2021 sur une hausse de son trafic de 6,7%. Une croissance tirée par la sidérurgie quand le maïs a perdu des volumes. Le port et le secteur privé investissent dans les installations du port pour pérenniser les trafics actuels et trouver de nouveaux débouchés. Un article de la rédaction de Ports et Corridors

Le port de Bayonne fait un peu exception en France. En 2020, le port basque a affiché une croissance de 5,8% quand les autres ports enregistraient des baisses de trafic. En 2021, la hausse a continué avec une progression de 6,7% tirée par la filière sidérurgique.

Une croissance tirée par la sidérurgie

La hausse du port de Bayonne tient en partie à la bonne santé des trafics liés à la sidérurgie. Les deux opérateurs du port, Laminoir des Landes et Celsa, ont vu leur activité croître. Les trafics de brames d'acier pour Laminoir des Landes affiche une progression de 125,3% à 138 546 t. L’autre opérateur, Celsa, a vu ses importations de ferrailles et de billettes augmenter. Les ferrailles ont progressé de 12,3% à 207 051 t quand les billettes augmentent de 9,4% à 545 624 t. Au global, les trafics liés à la sidérurgie représentent 36% des volumes réalisés dans le port de Bayonne.

Hydrocarbures: baisse du pétrole brut et hausse des raffinés

Autre secteur en croissance dans le port du sud-ouest, les hydrocarbures ont augmenté de 55% à 83 632 t. Ce courant est composé de pétrole brut extrait dans la région des Landes et stocké dans le port. En 2021, la société extractrice a réduit la production de pétrole brut. Par voie de conséquence, le stockage dans le port de Bayonne s’en est retrouvé diminué. Avec 18 134 t, ce produit a reculé de 62,1% en 2021. Cette baisse de stockage de brut a été largement compensée par les importations de pétrole raffiné. Elles ont augmenté de 55% à 235 611 t, reflétant ainsi les besoins de consommation locaux. D’autre part, les dérivés de pétrole comme le bitume ont augmenté de 4,6% à 124 797 t. Ils sont à l’image de la reprise économique et des besoins de l’industrie.

Adisseo a consolidé sa position à Bayonne

Autre courant en progression sur les quais bayonnais, le soufre voit ses volumes progresser de 31,7% à 140 717 t. Réalisé pour le compte d’Adisseo, le soufre constitue un des piliers du port. L’opérateur a consolidé sa présence. Au cours des trois dernières années, Adisseo a investi dans la couverture de son stock et réalise des travaux d’entretien significatifs. « Les prévisions sont bonnes pour les années à venir », nous a confié Pascal Marty, directeur du port de Bayonne. Et la direction du port souligne que cette augmentation de trafic n’a pas d’incidence sur le trafic routier. Le site d’Adisseo est embranché avec le ferroviaire pour acheminer directement ses produits vers les destinations finales.

Maïs: les aléas des récoltes

Du côté des baisses de trafic se retrouvent les flux de maïs et les engrais liquides. La baisse enregistrée sur les courants de maïs tient principalement à la récolte, réalisée en septembre. La campagne, d’octobre à avril, a bien fonctionné en 2019/2020 en raison d’une bonne récolte 2019. Ainsi, en 2020, le maïs a réalisé un trafic de 457 697 t. La mauvaise récolte 2020 a plombé les résultats pour 2021. Le maïs baisse de 17,6% pour se retrouver à 377 004 t, soit un niveau plus bas qu’en 2019. « La récolte 2021 semble meilleure et nous avons bon espoir de voir une reprise de ces trafics en 2022 », explique Pascal Marty.

Engrais solides: un arrêt subi des flux en octobre

L’autre baisse de trafic du port de Bayonne est à mettre au passif des engrais solides. Ce poste a connu tout au long de l’année une hausse importante pour connaitre un arrêt subi en fin d’année. « Les matières premières pour la fabrication des engrais ont toutes connu une hausse importante au cours du dernier trimestre. Les négociants ont préféré puiser dans les stocks existants avant de reprendre leurs achats en raison de la hausse subite des prix ». Ce phénomène s’est répercuté sur les volumes. À fin septembre, le port de Bayonne affichait des trafics en progression sur les importations d’engrais solides avec une croissance de 2%. Dès les hausses des prix, le trafic s’est arrêté en novembre pour reprendre timidement sur la fin de l’année.

Stabilité des autres courants

Les autres courants sont, globalement, stables en 2021. Si les trafics liés aux produits forestiers perdent de leur teneur, les produits agroalimentaires et les autres vracs solides augmentent. Quant aux marchandises diverses, composées en partie de colis lourds, elles progressent.

Un optimisme général

« Nous sommes optimistes pour 2022 parce que nos clients le sont. Nous sentons une dynamique importante qui se traduit notamment par les investissements réalisés tant par l’autorité portuaire que le secteur privé », confie Pascal Marty. Au cours des dernières années ce sont plus de 200 M€ qui ont été investis sur le port. Le concessionnaire, la CCI de Bayonne Pays Basque, a assuré un budget de 70M€ financés par elle-même et la Région Nouvelle Aquitaine. Cela a permis d’acquérir une nouvelle trémie de 60m3 permettant de traiter 1000 t/h et une benne étanche de 21,6 m3 pour un montant de 600 000 €. « Elles permettent de mieux maitriser l’impact de la manutention des produits pondéreux particulièrement pulvérulents en évitant la perte de produits et d’améliorer l’efficacité des déchargements de produits pour nos clients », précise Pascal Marty. Avec la grue électrique achetée en 2019, le quai de Tarnos permet une exploitation optimale.

130 M€ investis par le secteur privé

Aux côtés des acteurs publics, le secteur privé a aussi mis la main à la poche en investissant 130M €. Outre la création de deux laminoirs et l’amélioration d’équipements des deux sociétés sidérurgistes, le dernier investissement du secteur privé a été réalisé par le manutentionnaire du port, la société Bayonnaise de Manutention Portuaire (BMP), pour une surface de stockage supplémentaire de 4000 m2 sur le site d’Anglet Blancpignon.

Geoalcali inscrit Bayonne dans son schéma logistique

En outre, Geoalcali a annoncé avoir inscrit le port de Bayonne dans le schéma logistique d’expédition de ses produits. Cette société est exploitante d’une mine de potasse dans le nord de l’Espagne. Elle a choisi trois ports pour exporter ses produits : Bilbao, Pasajes et Bayonne. « C’est un défi que d’avoir pu s’inscrire dans le schéma logistique de cette société, indique le directeur du port de Bayonne. Nous allons nous battre pour que le port soit présent dans les expéditions de cette mine ».

De l’économie circulaire depuis plusieurs années

L’avenir du port, la direction le regarde avec un œil attentif. Si le verdissement des ports n’a que peu touché Bayonne, c’est parce que la place travaille depuis quelques années sur de l’économie circulaire. Ainsi, Celsa recycle des ferrailles pour son usine. « Les activités des industriels s’adaptent. » Et des produits comme les hydrocarbures, le soufre et les engrais demeurent des courants que le port analyse régulièrement. Les évolutions de ces flux va entraîner des changements de logistique qu’il faut anticiper.

Engrais: anticiper les évolutions logistiques

Ainsi, les engrais connaissent aujourd’hui les premières évolutions. L’arrière-pays bayonnais regroupe de nombreux exploitants agricoles qui auront besoin pendant encore quelques années d’engrais même si les volumes se réduisent. « Nous pensons que la baisse des volumes va amener une concentration des flux. Nous voulons être une place forte pour la réception de ces produits », assure Pascal Marty.

Conteneurs: des études en cours

Il reste un secteur sur lequel Bayonne n’est plus acteur, le conteneur. Après avoir bâti avec des opérateurs une ligne à deux reprises, chacune a été arrêtée. Le port mène des études pour réunir toutes les conditions à la réussite d’une nouvelle ligne conteneurisée. « Le volume existe dans notre hinterland mais il nous faut trouver la bonne formule pour que cette ligne soit pérenne. »

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

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