Aller au contenu principal

En 2021, le Grand Port Maritime de Marseille-Fos a totalisé 75 millions de tonnes, en croissance de 9% par rapport à l’année précédente. Une hausse tirée par les conteneurs qui frôlent le cap des 1,5 million d'EVP. Le GPM s’engage sur Distriport 2 après avoir vu ses zones logistiques remplies à 100%. Un article de la rédaction de Ports et Corridors

Le GPM de Marseille-Fos a traité 75 Mt en 2021. Un trafic global en progression de 9% par rapport à 2020 mais qui ne compense pas les pertes enregistrées l’année précédente. Comparativement à 2019, le port phocéen perd encore 5% par rapport à l'avant pandémie. Cette année-là, le port avait traité 79 Mt. « La reprise rapide du commerce international en 2021 a mis un coup de projecteur sur la logistique maritime. Les dysfonctionnements dans les ports chinois et américains ont montré que les ports sont au cœur de l’économie maritime », a souligné Élisabeth Ayrault, présidente du Conseil de surveillance du port de Marseille Fos, à l'occasion de la présentation des résultats du GPM.

Un trafic conteneurs de 1,48 MEVP

Ces perturbations des chaînes logistiques n’ont pas altéré la croissance des trafics du GPM de Marseille-Fos en 2021, a estimé pour sa part Hervé Martel, président du directoire du GPM. Et dans ce contexte, le port phocéen a franchi un nouveau record. En 2021, 1,49 MEVP sont passés par les quais de Fos et Marseille. Un trafic en hausse de 13% par rapport à l’année précédente et de 2% par rapport à 2019.

Diverses : en progression de 2% à 20 Mt

Dans sa présentation des résultats annuels, le président du directoire a rappelé que tous les segments des marchandises diverses progressent. Au global, le port a traité 20 Mt en 2021 sur ces flux. Outre les conteneurs, le trafic de remorques s’est inscrit dans la même veine. Ce segment affiche une augmentation de 12% par rapport à 2020 à 216 123 unités. Cette performance doit aussi être mise en perspective par rapport à 2019. En effet, le nombre de remorques a augmenté de 3% par rapport à 2019.

Remorques : une croissance tirée par les lignes de la Méridionale et de Glenhallen

L’augmentation de trafic des remorques tient à l’ouverture de deux nouvelles lignes maritimes sur le Maghreb. Il s’agit, d’une part, de la ligne de la Méridionale sur Tanger et, d’autre part, de celle de Glenhallen. L’armement maltais a ouvert une ligne qui relie Marseille-Fos, Sagunto, à Khoms en Lybie tous les 12 jours avec un temps de transit de 5 jours depuis le port phocéen.

Voitures neuves : un trafic dopé par Hyundai et Stellantis

Toujours dans ce courant, le trafic automobile affiche une progression de 9% par rapport à 2020 et de 4% par rapport à 2019 à 214 427 véhicules neufs. Une progression qui tient surtout à la progression des flux en provenance de Corée du Sud pour le compte de Hyundai qui ont démarré en 2019. De plus, la montée en puissance des importations de la société Stellantis depuis l’usine marocaine de Kenitra a participé à cette dynamique. Le trafic fret et passagers de ferries a pour sa part accusé une baisse.

Vracs liquides : à l’image de la transition énergétique

Du côté des vracs, le GPM de Marseille-Fos affiche des chiffres en progression, même s’ils restent derrière ceux réalisés en 2019. Les vracs liquides représentent encore 57%, une part stable d’une année sur l’autre. En 2021, ces flux connaissent une progression de 5% par rapport à 2020 et une baisse de 6% comparativement à 2019. « Les flux de vracs liquides sont à l’image de la transition énergétique mise en place dans le port », a précisé Chantal Helman, membre du directoire et directrice générale adjointe.

Hausse du trafic de GNL

Le gaz naturel liquéfié (GNL) a augmenté de 6% en 2021 à 6 Mt. La forte demande en énergie accompagne la reprise post-covid et les opérateurs poursuivent leur rattrapage de constitution de la réserve de gaz en Europe. Les produits liquides alimentaires et chimiques sont dans la même veine. Ils atteignent 4 Mt, en progression de 11% par rapport à 2020 et de 8% par rapport à 2019. Les industriels de l’hinterland du port ont reconstitué leurs stocks après la pandémie.

Hausse des trafics de biocarburants

Les trafics du GPM de Marseille-Fos montrent les premiers effets de la transition énergétique. D’une part, les flux de biocarburant liés à l’activité de la raffinerie de la Mède progressent de 27% en 2021. Dans le même temps, les entrées de pétrole brut enregistrent une hausse de 9% en 2021 à 20,4 Mt. Ces flux restent malgré tout en retrait par rapport à 2019 de 9%. Les raffinés perdent aussi des volumes. Ils diminuent de 5% à 10,5 Mt par rapport à 2020 et 7% comparativement à 2019.

Les vracs sidérurgiques progressent de 26%

Du côté des vracs solides, la hausse est de 18% à 11,7 Mt par rapport à 2020. Les vracs destinés à la sidérurgie sont en forte progression. Ils augmentent de 26% par rapport à 2020 et perdent 6% par rapport à 2019. La sidérurgie a subi les effets des arrêts de production de l’industrie automobile. Face à des soucis logistiques de micro-processeurs, celle-ci a été obligée de réduire sa production. L’automobile étant un des principaux clients de la sidérurgie, cette dernière suit les variations de la filière.

Hydrate d’alumine : en réflexion pour passer à Fos

Les autres vracs solides du GPM de Marseille-Fos concernent en partie les vracs minéraliers. La fin de l’importation de bauxite depuis la Guinée a été remplacée par des flux d’hydrate d’alumine pour Alteo. « Nous avons commencé à réceptionner ces produits. Ils arrivent sur les bassins est. Nous sommes en discussion pour déplacer ces flux sur Fos et les traiter par ferroviaire sur l’usine d’Alteo. Cette solution permettra de recevoir des navires plus importants », a indiqué Hervé Martel. Ces flux restent en progression de 11% en 2021 à 3,1 Mt.

Vracs agroalimentaires : les céréales ont manqué

Enfin, les vracs agroalimentaires s’affichent en retrait de 23% à 470 000 t. Une partie de ces vracs est représentée par les céréales. La mauvaise campagne 2020/2021 et le démarrage doux de la campagne suivante 2021/2022 explique en partie cette baisse de trafic.

H2V : produire 84 000 t d’hydrogène vert

Pour le GPM du sud, la transition écologique est devenue une réalité avec la signature le 17 janvier d’un contrat pour l’implantation d’une installation industrielle de production d’hydrogène vert sur la zone de Fos. H2V Fos s’étendra sur 36 hectares. Elle produira 600 MW en six tranches déployées entre 2026 et 2031. Au final, H2V prévoit de produire 84 000 t d’hydrogène vert par an à terme. Cette implantation représente un investissement de 750 M€ avec l’objectif d’éviter le rejet de 750 000 t de CO2 dans l’atmosphère.

Décarbonation de l’industrie et ensuite des transports

En accompagnant le projet, le port mise d’abord sur la décarbonation de l’industrie, notamment la chimie et la sidérurgie. Cette installation peut aussi participer à la décarbonation des transports terrestres. « Nous constatons que des camions et des trains circulent propulsés à l’hydrogène. Dans ce contexte, nous sommes dans le domaine du pari sur l’avenir », a commenté Hervé Martel.

Logistique : 1million de m2 construits

Fort des progrès de trafics conteneurisés, le port continue de miser sur la logistique. L’équipe dirigeante du GPM assure que la logistique connaît un dynamisme. Au total, ce sont 1 million de m2 de bâtiments qui ont été construits. Les deux sites de Distriport et de la Feuillane affichent complet. Tous les espaces ont été réservés.

Plusieurs ouvertures en 2021

Parmi les ouvertures en 2021, le GPM cite le site de Mediaco à Distriport sur 70 000 m2, doté d’une centrale photovoltaïque pour produire plus que sa consommation. V. Park Fos a inauguré en décembre V. Pak Fos 2 dont 24 000 m2 seront dédiés à XP Log, filiale de Sealogis. Sur la zone de la Feuillane, Adeo a réceptionné la première tranche de 70 000 m² de son deuxième bâtiment. Le lancement des travaux pour la deuxième tranche de 20 000 m² est prévu au second semestre 2022.

Lancement de Distriport 2

Face à cet intérêt pour la place marseillaise, le port s’engage dans l’aménagement de la future zone de logistique Distriport 2 et la zone de services portuaires ZSP2 sont actuellement à l’étude dans une vision “Plug and play” dans le cadre d’une concertation de grande échelle menée par le port : l’OAZIP 2040.

© Un article de la rédaction de Ports et Corridors. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Aller plus loin

Dossiers
Port de Marseille