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Très beau contrat à Saint-Nazaire pour l’activité réparation navale de Clemessy Services, filiale du groupe Eiffage. L’entreprise accueille depuis le 29 décembre le Wedellsborg. Sorti en 2014 des chantiers italiens Visentini, ce navire de l’armateur danois WECO RORO, précédemment exploité pour le compte de Tirrenia, va rejoindre à sa sortie d’arrêt technique le réseau de logistique maritime de l’avionneur européen Airbus. Un service assuré par LD Seaplane, filiale de Louis Dreyfus Armateurs, qui affrète le Wedellsborg pour une période de deux ans, en remplacement du Stena Forecaster. Il s’agit d’un sistership du Spirit of Montoir (ex-Frijsenborg) exploité pour le compte d’Airbus depuis septembre 2017.

D’une longueur de 179.5 mètres pour une largeur de 26.2 mètres, le Wedellsborg compte 2500 mètres linéaires de garages et deux grues d'une capacité de 40 tonnes. Il sera exploité pour le transport de pièces d’avions sur la nouvelle ligne entre Montoir et Mobile, aux Etats-Unis.

 

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© PHILIPPE POUVREAU

En cale sèche dans la forme 1 (© : PHILIPPE POUVREAU)

 

En cale sèche dans la forme 1 du bassin de Penhoët

Avant de débuter ce nouveau service, le roulier a donc rejoint le port de Saint-Nazaire pour un important arrêt technique. D’une durée d’un mois, le chantier porte sur le carénage du navire, qui a été mis au sec non pas dans la forme-écluse Joubert, mais dans la forme 1 du bassin de Penhoët, récemment remise à niveau part le port de Nantes Saint-Nazaire. Le Wedellsborg, qui va adopter une nouvelle livrée bleue, bénéficie dans le même temps de différentes opérations de maintenance, dont une visite de ses propulseurs, des réparations sur la coque ou encore le changement des joints des lignes d’arbres qui permettra l’utilisation d’une huile bio. 

 

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© MER ET MARINE

Le navire en forme 1 (© : MER ET MARINE)

 

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Les travaux comprennent également l’installation d'un nouveau système de traitement des eaux de ballastage (BWT) ainsi qu'un dispositif de lavage des fumées (scrubbers) permettant d’éliminer les rejets d’oxydes de soufre (SOx). Alors que le navire avait été dès l’origine prédisposé à cette modification, avec notamment des espaces conservatoires dans les machines, ces équipements, fournis par Pureteq, fonctionneront en boucle ouverte. Mais ils pourront évoluer vers une boucle fermée si l’armateur le souhaite ou la règlementation l’impose.

 

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© MER ET MARINE

Tuyaux pour les gaz d'échappement (© : MER ET MARINE)

 

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Le marché des scrubbers et les refits GNL

Pour Clemessy Services, cet arrêt technique représente, depuis les études jusqu’à l’exécution en passant par les travaux de tuyauterie et de carlingages dans ses ateliers, 20.000 heures de travail. 70 personnes sont mobilisées sur ce chantier (dont un peu moins de la moitié en sous-traitance), qui doit s’achever d’ici le 28 janvier. « Cet arrêt technique du Wedellsborg est une très bonne chose car il nous a permis d’atteindre nos objectifs en 2018 et de bien démarrer l’année 2019. C’est également la première fois que nous installons à Saint-Nazaire des scrubbers et nous espérons pouvoir nous développer sur ce marché », explique Guillaume de Williencourt, responsable de l’activité Réparation Navale de Clemessy Services. On notera que l’entreprise avait précédemment participé à l’intégration de scrubbers sur les navires de Brittany Ferries et à bord du paquebot MSC Poesia, mais ces navires avaient été équipés dans d’autres ports. En dehors des dispositifs de lavage des fumées, on notera que la société s’intéresse également aux conversions de navires vers une propulsion fonctionnant au gaz naturel liquéfié. Elle est actuellement en lice sur plusieurs projets.

 

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© MER ET MARINE

Guillaume de Williencourt (© : MER ET MARINE)

 

Diversification, bateaux gris et projection géographique

En 2018, Clemessy Services a assuré à Saint-Nazaire les arrêts techniques de navires locaux, des clients habituels comme la drague Samuel de Champlain, le sablier Saint-Pierre ou le trois-mâts Belem. S’y sont ajoutées quelques interventions non programmées de navires de commerce qui se sont arrêtés dans l’estuaire de la Loire suite à des avaries.

 

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© PHILIPPE POUVREAU

La drague Samuel de Champlain en arrêt technique (© : PHILIPPE POUVREAU)

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© PHILIPPE POUVREAU

(© : PHILIPPE POUVREAU)

 

Une activité qui n’est pas à elle seule suffisante pour assurer le développement de l’entreprise. Celle-ci doit donc se diversifier et aussi se projeter. C’est l’objectif avec le marché des scrubbers, mais aussi d'interventions plus nombreuses au profit des pêcheurs de La Turballe, pour lesquels sont effectués des travaux de tôlerie ainsi que des réparations de treuils et autres portiques. Il y a aussi des opérations ponctuelles sur des projets particuliers, comme la tuyauterie réalisée pour le nouveau bateau-porte de la base navale de Toulon fabriqué à Saint-Nazaire par Joseph Paris. Clemessy Services a aussi développé une collaboration avec CNN MCO, qui fait partie des entreprises assurant le maintien en conditions opérationnelle des bâtiments de la Marine nationale. Les ateliers et équipes nazairiennes ont, ainsi, travaillé en 2018 au profit d’un patrouilleur brestois et d’un bâtiment de commandement de ravitaillement basé à Toulon.

 

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© CLEMESSY SERVICES

Travaux sur un bâtiment de la marine à Brest (© : CLEMESSY SERVICES)

 

Un contrat sur un autre BCR, la Somme, a été engrangé et sera mené cette année à Brest. Dans le même temps, la société commence aussi à travailler en sous-traitance à l’export, avec en 2018 un beau contrat dans le cadre de la rénovation de bâtiments d’une marine étrangère. Elle a par ailleurs mené à bien, l’été dernier, le remplacement d’un groupe de secours du paquebot géant Symphony of the Seas (B34), livré en mars par les chantiers nazairiens. Un vrai défi puisqu’il a fallu débarquer l’ancien générateur et le remplacer par un nouveau, via une brèche de pont à l’arrière, sans impacter les opérations commerciales. Les manutentions ont été effectuées lors d’une escale à Marseille, les équipes travaillant ensuite trois semaines à bord.  

 

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© CLEMESSY SERVICES

Remplacement d'un générateur de secours sur le Symphony of the Seas (© : CLEMESSY SERVICES)

 

Equilibrer la réparation navale avec d’autres activités

Alors que l’entretien et la réparation de navires à Saint-Nazaire fut longtemps compliquée, du fait d’un marché difficile à capter, l’entreprise poursuit donc la diversification de ses activités. « Il faut trouver de nouveaux débouchés mais, globalement, on ne peut pas faire que de la réparation navale. Celle-ci représente une quarantaine de salariés à Saint-Nazaire, où Clemessy Services emploie 450 personnes. Parmi elles, 150 travaillent quotidiennement aux Chantiers de l’Atlantique, notamment sur des travaux de mécanique. Nous nous occupons aussi du reconditionnement des moteurs MAN stockés sur le port et avons une importante activité sur le bassin industriel de l’estuaire, par exemple lors des arrêts de la raffinerie de Donges ou de la centrale de Cordemais ». Et l’entreprise, au sein du groupement Neopolia, s’intéresse aussi aux projets de constructions neuves comme les cargos à voiles et petits paquebots maritimes.

 

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© MER ET MARINE- VINCENT GROIZELEAU

Moteurs MAN stockés sur le port de Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE)

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